Faut-il supprimer le défilé du 14 Juillet ?
Eva Joly avait fait scandale en critiquant le défilé du 14 juillet. Selon Éric Coquerel, il n’exalte pas le pouvoir militaire mais montre une armée qui rend hommage à la nation. Pour Jean-Philippe Magnen, il devrait s’ouvrir à d’autres citoyens, aux côtés des militaires.
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Je tiens d’abord à dire que ce sujet ne doit pas diviser la gauche, et qu’il ne mérite pas les opprobres xénophobes jetés par la droite à l’encontre d’Eva Joly l’an dernier. Les deux avis à gauche peuvent s’entendre, à condition que l’on ne remette pas en cause les célébrations du 14 Juillet. Celle-ci est une fête à laquelle nous tenons car il n’est pas si commun que la fête nationale d’un pays soit celle d’une révolution. Quant à la question du défilé militaire proprement dit, on sait qu’il existe depuis 1880, c’est-à-dire au moment du retour de la République et l’année où « la Marseillaise » est devenue hymne national. Il s’inscrivait alors incontestablement en partie dans le côté « revanchard » de l’époque, après la défaite de 1870, avec en toile de fond la volonté de reconquérir l’Alsace et la Lorraine. Il ne faut pas nier cet aspect-là, mais il y en avait un autre : celui de la nation en armes au service de la république naissante, célébrée à travers ce défilé. Aujourd’hui, évidemment, beaucoup de choses ont changé. On peut le regretter, mais nous n’avons plus une armée de conscrits, elle est composée de professionnels, ce qui change beaucoup son rapport à la nation, et la réciproque est vraie. En ce début du mois de juillet, où le Venezuela célèbre l’anniversaire de son indépendance, les slogans du défilé militaire sont : « Nous
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