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Ce sont des œuvres un peu barjos. Surtout pas calibrées, ni dans leur forme ni dans la pensée. À coup sûr, on ne les retrouvera pas sur le devant de la scène médiatique. Elles sont dans la marge qui s’avère indispensable pour tenir la page, comme disait l’autre. Un film, les Mouvements du bassin, de HPG, et un livre, le Patient, de Jérôme Bertin (Al Dante, 59 p., 12 euros) font partie de celles-là. HPG (initiales d’Hervé-Pierre Gustave) est un hardeur, autrement dit un réalisateur de pornos, qui pratique aussi un autre cinéma. Il aborde la fiction avec les Mouvements du bassin.

On y suit deux personnages : Hervé (HPG lui-même), viré du zoo où il travaille parce qu’il déprime les animaux. Et Marion (Rachida Brakni), qui rêve d’avoir un enfant. L’intrigue n’a que peu d’importance. Prime l’atmosphère cafardeuse ou onirique des scènes (où se distingue Éric Cantona, un veilleur de nuit en couple avec une tapineuse, Marie d’Estrées), et la trajectoire descendante d’Hervé tandis que Marion surmonte tous les obstacles. HPG s’est projeté dans un personnage antipathique pour chercher ce qui pourrait le sauver. Sa misère psychologique finit par être touchante.

Dans le Patient, le personnage se retrouve carrément en hôpital psychiatrique. Pas de « politiquement correct » dans le regard qu’il pose sur ses compagnons d’infortune et l’institution hospitalière. Sa psychose ne le pousse guère à la fraternité. Jérôme Bertin distille une écriture à l’acide et au jeu de mots (laids). C’est d’elle que vient le sentiment de jouissance. Exemple : « L’ambulance arrive. Le patient refuse de s’allonger sur un brancard. Il s’assoit donc à l’arrière de la fourgonnette bleue et blanche. Ça pue le vomi dans cette tire. Le sang frais. Carriole à vampire ! Ça sent aussi la merde, le fibrome, l’éther et le pied. » Évidemment, le bon goût n’est pas de mise. Ce serait déplacé.


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