Algérie : « Dépasser l’histoire »

Sylvie Thénault et Abderrahmane Bouchène ont codirigé un imposant projet éditorial réalisé en France et en Algérie. Entretien.

Olivier Doubre  • 13 septembre 2012 abonné·es

Quelle démarche a présidé à l’écriture de ce livre ? Vous écrivez qu’il ne s’agissait pas de « chercher naïvement à “réconcilier les mémoires” ». Pourquoi ?

Sylvie Thénault : L’idée de ce livre, projet franco-algérien, est très importante symboliquement. Parce qu’on a affaire à deux peuples, deux sociétés et deux pays qui ont été acteurs dans cette histoire, l’un dominant l’autre. Mais d’un autre côté, je ne crois pas que les uns et les autres soyons prisonniers de nos appartenances nationales. Quand on parle de « réconcilier les mémoires », c’est une expression que je ne comprends pas ; je ne pense pas qu’il y ait une mémoire française et une mémoire algérienne. Je pense profondément qu’il y a des mémoires plurielles de chaque côté. Et l’on peut tout à fait trouver des convergences entre des Algériens et des Français – et des divergences entre Algériens et entre Français ! C’est pour cela que l’on a écarté l’idée d’une sorte de réconciliation, parce qu’il me semble que le problème du rapport au passé, si l’on s’intéresse aux sociétés et aux populations, est beaucoup plus complexe qu’un antagonisme à réconcilier. Le seul antagonisme, de ce point de vue, c’est celui qui met en jeu la politique internationale entre États. Je ne crois pas que

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Le drapeau, projection de l’individu social
Essai 22 janvier 2026 abonné·es

Le drapeau, projection de l’individu social

À Paris, la victoire du Sénégal à la CAN a fait surgir drapeaux, cris et appartenances. Derrière la ferveur sportive, ces étendards révèlent bien plus qu’un résultat de match : des identités, des solidarités et des fractures, au cœur d’un paysage politique et social où le besoin de collectif s’exprime par les symboles.
Par Olivier Doubre
Oleksandra Matviichuk : « Poutine voit l’Ukraine comme un pont vers l’Europe »
Entretien 19 janvier 2026 abonné·es

Oleksandra Matviichuk : « Poutine voit l’Ukraine comme un pont vers l’Europe »

Depuis Kyiv, l’avocate et militante ukrainienne pour les droits de l’homme qui dirige le Centre pour les libertés civiles, avec qui elle a obtenu le prix Nobel de la paix en 2022, raconte un pays qui s’apprête à entrer dans sa cinquième année de guerre. Elle dénonce un système international obsolète, incapable de punir le crime d’agression commis par les dirigeants russes.
Par Hugo Lautissier
L’hystérie, symptôme… des violences masculines
Féminisme 16 janvier 2026 abonné·es

L’hystérie, symptôme… des violences masculines

Stéréotype sexiste qui traverse les époques, le mythe de l’hystérie continue d’influencer la médecine et la justice. La journaliste Pauline Chanu le décortique, exhumant au passage des siècles de violences institutionnelles et médicales.
Par Salomé Dionisi
Christiane Taubira : « Face à Trump, la France ne joue pas son rôle de puissance régionale »
Entretien 13 janvier 2026 libéré

Christiane Taubira : « Face à Trump, la France ne joue pas son rôle de puissance régionale »

L’ancienne élue de Guyane est une grande voix des Outre-mer français. Elle revient sur le rapt de Nicolás Maduro et l’absence d’une grande action diplomatique de la France, puissance pourtant voisine du Venezuela, face à cette violation flagrante du droit international par les États-Unis.
Par Olivier Doubre