Sombras : l’armée des ombres

Dans Sombras, Oriol Canals filme des sans-papiers et le néant de leur quotidien.

Christophe Kantcheff  • 27 septembre 2012 abonné·es

Sombras (« les ombres ») n’est pas un documentaire de plus sur les sans-papiers. Osons le mot : c’est un film splendide. Non parce qu’il s’érigerait en plaidoyer – somme toute salutaire quoique trop souvent faible cinématographiquement. Dans Sombras, pas de discours à la radicalité politique épuisante ni de victimisation à outrance. Non, ici, le réalisateur, Oriol Canals, a trouvé de remarquables solutions formelles pour révéler ce que ses protagonistes portent en eux.

Dès la première image apparaît un étrange voyageur, un être littéralement « dé-placé ». Le long du rail de sécurité d’une voie rapide, où les voitures défilent inlassablement, un homme, un Africain, marche en poussant une valise. La chaleur et

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Cinéma
Temps de lecture : 4 minutes