Geoffroy de Lagasnerie : « La gauche s’est interdit de penser le néolibéralisme »

Le philosophe Geoffroy de Lagasnerie se penche sur les études de Michel Foucault pour réfléchir à une nouvelle politique de l’émancipation.

Olivier Doubre  • 31 janvier 2013 abonné·es

Que Michel Foucault se soit intéressé à la fin de sa vie, dans ses cours au Collège de France, aux théoriciens du néolibéralisme lui a valu nombre d’accusations de conversion à cette pensée. Geoffroy de Lagasnerie dément avec force cette interprétation tenace et répandue, et montre comment Foucault a utilisé la pensée néolibérale pour pointer les limites de la philosophie politique classique.

En quoi Michel Foucault a-t-il fait preuve d’audace en travaillant sur le néolibéralisme, dont la gauche méprisait, voire ignorait, les écrits des théoriciens ? Pourquoi cela lui a-t-il été tant reproché ?

Geoffroy de Lagasnerie : Le néolibéralisme occupe une position particulière dans l’espace intellectuel. Fonctionnant comme un repoussoir, il est constitué comme l’ennemi principal, le négatif de notre système de pensée. Depuis une trentaine d’années, il s’est construit une sorte de mur entre l’espace légitime de la réflexion et les auteurs néolibéraux, qui apparaissent comme étrangers au champ des références possibles. Foucault s’est affranchi de cette frontière. Il a décidé de lire les auteurs néolibéraux, de comprendre ce qu’ils ont essayé de faire. Au lieu

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