Presse : fallait-il aller sur Internet ?
Fort de son succès en librairie, le trimestriel XXI publie un manifeste pour « un autre journalisme ». Laurent Beccaria dénonce notamment la conversion irraisonnée au numérique et la course à la publicité. Tandis que Patrick Apel-Muller défend le plurimédia pour une presse pluraliste.
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La question de savoir si la presse écrite devait aller sur Internet ne saurait entraîner une réponse catégorique. C’est d’ailleurs ce type de réponse univoque qui a produit les dégâts que l’on sait. Dans la presse écrite, Internet s’est développé à partir de 1995, date à laquelle le New York Times a ouvert son site web. Or, la désaffection de la presse quotidienne était perceptible dès les années 1970, et la crise de confiance, due aussi à une certaine critique radicale, remonte au début des années 1990, à l’instar de celle développée par exemple par Noam Chomsky. Tout cela est donc bien antérieur à l’arrivée d’Internet. C’est pourquoi dire que la crise de la presse serait directement liée à l’existence d’Internet est inexact, voire faux ! Ce qui s’est produit avec l’arrivée d’Internet, c’est que l’ensemble (ou presque) des titres ont commis deux erreurs. La première est que les quotidiens ont cru, en mettant gratuitement à disposition sur Internet le contenu de l’information que leurs lecteurs payaient jusqu’alors, qu’ils allaient récupérer la publicité qui commençait à se répandre sur le web. C’est une idée qui pourrait aujourd’hui paraître absurde à un enfant de 10 ans. C’est comme si on lançait un film en salles tout en le mettant gratuitement sur Internet…
Cela paraît antinomique, mais c’est pourtant ce qu’ont fait les plus grands journaux de la
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