Domenico Losurdo : « Démystifier le libéralisme »
Domenico Losurdo montre que le libéralisme politique s’est construit dans l’exclusion du plus grand nombre.
dans l’hebdo N° 1251 Acheter ce numéro
Domenico Losurdo, fin connaisseur de Hegel, a repris les grands textes des principaux fondateurs du libéralisme pour les comparer avec les sociétés dans lesquelles ils ont été énoncés. Sans dénier leur apport sur le plan théorique et politique, il relate, dans un réquisitoire sévère, l’histoire réelle de l’application des principes du libéralisme, notamment l’octroi ultra-restrictif de la jouissance de la liberté individuelle à une élite économique et politique, aux dépens du plus grand nombre, pendant près de cent cinquante ans.
Pourquoi utilisez-vous la notion de « contre-histoire » ? Que signifie-t-elle ?
Domenico Losurdo : Un exemple : en Italie, en 1925, paraît le livre très important du philosophe antifasciste et libéral Guido De Ruggiero, Histoire du libéralisme européen. Ce livre a eu le mérite d’avoir inspiré plusieurs générations d’antifascistes. Nonobstant mon admiration pour cette prose tout à fait noble, j’ai remarqué tout de suite la chose suivante : les pages concernant la guerre de Sécession se concluent par la phrase : « L’esclavage des Noirs a été aboli. » C’est le seul moment où le livre parle de l’esclavage, c’est-à-dire seulement au moment où celui-ci disparaît ! Il semblerait ainsi
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