« La connaissance pour arme »

Cinq cents chercheurs en sciences sociales se mobilisent pour donner une portée politique à leurs travaux.

Olivier Doubre  • 18 juillet 2013 abonné·es

Les sociologues Willy Pelletier et Rémi Lenoir lancent, avec près de cinq cents autres chercheurs, une association d’intervention intellectuelle et politique, Champ libre aux sciences sociales, qui se veut un « intellectuel collectif ». Une initiative bienvenue pour redonner à la (vraie) gauche les armes de la critique.

Comment est née et se caractérise cette initiative ?

Rémi Lenoir :  Elle est née d’un mouvement d’humeur spontané, il y a environ un an, en discutant avec quelques collègues, notamment avec Bernard Lacroix. Face à la situation politique et universitaire, nous nous disions : « Ça ne va pas du tout, il faut faire quelque chose ! » Nous avons donc voulu réunir les personnes susceptibles d’être intéressées par les sciences sociales critiques. C’était au moment de l’élection de François Hollande, même si cela n’a pas de rapport direct. Mais je crois qu’en fait nous étions déjà déçus avant même de voir ce que le nouveau pouvoir allait faire. Car on sentait chez lui un délaissement total de ce que disent les sciences sociales, outre le fait que celles-ci, telles que nous les concevons, sont véritablement menacées, parce qu’exclues ou du moins très marginalisées, aussi bien dans l’enseignement supérieur que dans le secondaire. L’idée était donc de créer une association de défense des sciences sociales critiques, mais avec comme particularité de ne pas se refermer sur soi-même. De réunir des chercheurs, mais également des éditeurs, des

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Thierry Discepolo : « Pourquoi les auteurs ont-ils attendu plusieurs années pour partir de Grasset ? »
Entretien 17 avril 2026 abonné·es

Thierry Discepolo : « Pourquoi les auteurs ont-ils attendu plusieurs années pour partir de Grasset ? »

Le fondateur de la maison indépendante et engagée Agone offre un regard acéré sur les péripéties de la carrière d’Olivier Nora, « ponte » influent depuis des décennies de l’édition française.
Par Olivier Doubre
Des poètes pour sauver le monde
Idées 17 avril 2026 abonné·es

Des poètes pour sauver le monde

Aurélien Vandal s’interroge sur le pouvoir de la poésie face aux souffrances, aux inégalités et à l’oppression. Dans un ouvrage très original, il propose huit portraits et textes de « veilleurs » dont les vers apportent un espoir de résistance aux dominations.
Par Olivier Doubre
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas
« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »
Entretien 8 avril 2026 abonné·es

« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »

Nicola Fratoianni, le codirigeant d’Alleanza Verdi e Sinistra (Alliance des Verts et de la Gauche) se réjouit de la victoire du « non » au référendum sur la réforme de la justice voulue par le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni. Ce sursaut constitue pour lui un espoir pour le bloc progressiste.
Par Olivier Doubre