« La connaissance pour arme »

Cinq cents chercheurs en sciences sociales se mobilisent pour donner une portée politique à leurs travaux.

Olivier Doubre  • 18 juillet 2013 abonné·es

Les sociologues Willy Pelletier et Rémi Lenoir lancent, avec près de cinq cents autres chercheurs, une association d’intervention intellectuelle et politique, Champ libre aux sciences sociales, qui se veut un « intellectuel collectif ». Une initiative bienvenue pour redonner à la (vraie) gauche les armes de la critique.

Comment est née et se caractérise cette initiative ?

Rémi Lenoir :  Elle est née d’un mouvement d’humeur spontané, il y a environ un an, en discutant avec quelques collègues, notamment avec Bernard Lacroix. Face à la situation politique et universitaire, nous nous disions : « Ça ne va pas du tout, il faut faire quelque chose ! » Nous avons donc voulu réunir les personnes susceptibles d’être intéressées par les sciences sociales critiques. C’était au moment de l’élection de François Hollande, même si cela n’a pas de rapport direct. Mais je crois qu’en fait nous étions déjà déçus avant même de voir ce que le nouveau pouvoir allait faire. Car on sentait chez lui un délaissement total de ce que disent les sciences sociales, outre le fait que celles-ci, telles que nous les concevons, sont véritablement menacées, parce qu’exclues ou du moins très marginalisées, aussi bien dans l’enseignement supérieur que dans le secondaire. L’idée était donc de créer une association de défense des sciences sociales critiques, mais avec comme particularité de ne pas se refermer sur soi-même. De réunir des chercheurs, mais également des éditeurs, des

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

« Pour la Maison Blanche, la guerre devient un jeu qui tourne en dérision la mort de l’ennemi »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Pour la Maison Blanche, la guerre devient un jeu qui tourne en dérision la mort de l’ennemi »

Les images de guerre ont radicalement changé de nature. W. J. T. Mitchell, l’un des grands théoriciens américains des visual studies, décrypte les politiques de l’image qui anesthésient et pourquoi certaines résistent encore aux instrumentalisations.
Par Juliette Heinzlef
Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment
Essai 25 mars 2026 abonné·es

Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment

Le sociologue Alexis Spire interroge la défiance croissante des gouvernés vis-à-vis de l’État et des politiques de protection sociale, soumises aux attaques des politiques néolibérales.
Par Olivier Doubre
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »
Entretien 16 mars 2026 abonné·es

Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »

Après huit ans à la tête d’une équipe municipale qui a transformé Barcelone (2015-2023), l’ex-maire revient sur son héritage politique et appelle les gauches espagnole et française à construire des alliances larges pour stopper l’extrême droite et proposer un projet politique de justice sociale et de paix.
Par Pablo Castaño