« La connaissance pour arme »

Cinq cents chercheurs en sciences sociales se mobilisent pour donner une portée politique à leurs travaux.

Olivier Doubre  • 18 juillet 2013 abonné·es

Les sociologues Willy Pelletier et Rémi Lenoir lancent, avec près de cinq cents autres chercheurs, une association d’intervention intellectuelle et politique, Champ libre aux sciences sociales, qui se veut un « intellectuel collectif ». Une initiative bienvenue pour redonner à la (vraie) gauche les armes de la critique.

Comment est née et se caractérise cette initiative ?

Rémi Lenoir :  Elle est née d’un mouvement d’humeur spontané, il y a environ un an, en discutant avec quelques collègues, notamment avec Bernard Lacroix. Face à la situation politique et universitaire, nous nous disions : « Ça ne va pas du tout, il faut faire quelque chose ! » Nous avons donc voulu réunir les personnes susceptibles d’être intéressées par les sciences sociales critiques. C’était au moment de l’élection de François Hollande, même si cela n’a pas de rapport direct. Mais je crois qu’en fait nous étions déjà déçus avant même de voir ce que le nouveau pouvoir allait faire. Car on sentait chez lui un délaissement total de ce que disent les sciences sociales, outre le fait que celles-ci, telles que nous les concevons, sont véritablement menacées, parce qu’exclues ou du moins très marginalisées, aussi bien dans l’enseignement supérieur que dans le secondaire. L’idée était donc de créer une association de défense des sciences sociales critiques, mais avec comme particularité de ne pas se refermer sur soi-même. De réunir des chercheurs, mais également des éditeurs, des

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