La domination, selon Max Weber

Le sociologue Yves Sintomer a élaboré l’édition critique de  la Domination , ouvrage inédit en France de Max Weber.

Olivier Doubre  • 27 février 2014 abonné·es

Partie centrale d’ Économie et société, l’un des plus importants ouvrages de Max Weber, la Domination était curieusement jusqu’ici inaccessible aux lecteurs francophones. Enfin traduite par la germaniste Isabelle Kalinowski à partir de la plus récente édition allemande des œuvres complètes, désormais exhaustive et critique, la Domination sera suivie prochainement de deux autres volumes, la Ville et les Communautés, également inédits en français et issus du même ouvrage majeur de celui qui est considéré comme l’un des « pères fondateurs » de la discipline sociologique.

Comment se fait-il que ce texte primordial soit resté inédit aux lecteurs francophones ?

Yves Sintomer :  Il est en effet assez incroyable que l’œuvre majeure de la sociologie politique de Max Weber n’était toujours pas disponible en français presque un siècle après sa parution. C’est vrai qu’en France, on a tendance à traduire souvent tardivement les œuvres étrangères – et pas toujours très bien. Mais, plus précisément, en ce qui concerne Weber, son œuvre a été méconnue, sans doute du fait de réticences, d’un côté, de l’école française de sociologie – c’est-à-dire autour de Durkheim –, de l’autre, des marxistes – qui voyaient Weber comme un concurrent. Et ceux qui l’ont introduit en France, autour de Raymond Aron notamment, à partir des années 1960,

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