Grenoble : pas de fusion PS-écolos, le candidat socialiste désavoué par son parti

Erwan Manac'h  • 25 mars 2014
Partager :
Grenoble : pas de fusion PS-écolos, le candidat socialiste désavoué par son parti
© Photo : JEAN-PIERRE CLATOT / JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

À Grenoble, la liste EELV-PG-Réseau citoyen conduite par Éric Piolle n’a pas trouvé d’accord avec l’équipe sortante socialiste. Quelques heures après l’annonce officielle de sa décision, le candidat Jérôme Safar, isolé dans son propre camps, s’est vu retirer l’investiture socialiste.

Arrivée en tête par surprise avec 29,4 % des suffrages, la liste de rassemblement de la gauche du PS invitait le premier adjoint sortant – qui succède au socialiste Michel Destot – à fusionner.

Lire > Éric Piolle, l’écolo qui peut devenir maire de Grenoble

Mais les candidats socialistes se sont massivement prononcés contre un ralliement, dès lundi soir. Les discussions étaient encore âpres mardi matin et ont finalement abouties sur un refus des socialistes. Les grenoblois auront droit à une «quadrangulaire» explosive.

Les électeurs centristes en arbitres

Avec les voix de Philippe de Longevialle, candidat centriste et ancien adjoint de la majorité socialiste crédité de 4,5 %, et en espérant un report des voix de droite, la liste PS-PCF peut espérer l’emporter face à ses opposants de gauche qui ne disposent d’aucune réserve de voix. Un délicat coup de poker, qui fait fi des accords conclus ailleurs en France entre EELV et le PS.

D’autant que la droite a aussi son mot à dire. Avec 20,8 % des voix au premier tour, Matthieu Chamussy colle à la roue des deux listes de gauche. Le Front national (12,5 %) ferme la marche.

  • 16 h 30 : « Dans un contexte politique national difficile, il se passe quelque chose d’extraordinaire à Grenoble qui soulève un grand espoir » , a déclaré la liste d’Eric Piolle dans un communiqué. « La déception d’un homme seul, Jérôme Safar, ne doit pas remettre en cause l’intérêt collectif. »

Piolle: « il y a auj à Grenoble ceux qui veulent changer les pratiques et ceux qui veulent conserver leur poste » pic.twitter.com/XeJu4JDokm? Antoine Agasse (@AntoineAgasse) 25 Mars 2014

  • 16 h 35 : Interrogée sur BFMTV, Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV, a demandé que le Parti socialiste retire son investiture à Jérôme Safar, « comme il nous le demande quand des candidats à nous dans des villes bien différentes n’ont pas voulu fusionner.»

Grenoble «est la seule ville où nous sommes en tête, je suis désolée que la fusion ne se fasse pas localement» , a-t-elle déploré, assurant que les états-majors nationaux PS et EELV étaient favorables à une fusion des listes.

  • 17 h 30 : Dans un communiqué, Jérôme Safar explique les raisons de son maintient au second tour, listant point par point les désaccords avec ses anciens opposants de gauche au conseil municipal : développement de la vidéosurveillance, tarifs des transports en commun, soutien à la recherche sur les nanotechnologies, relation avec «le secteur sportif et culturel» avec la construction d’un stade et la rénovation de la maison de la culture, mise en oeuvre des nouveaux rythmes scolaires et mise en place de la métropole.

  • Ajout à 18 h : Arrivés troisièmes au premier tour en 2008, les Verts s’étaient maintenus en triangulaire contre le PS et l’UMP, après un mandat passé dans la majorité conduite par Michel Destot.

Derrière Maryvone Boileau, aujourd’hui 28e sur la liste d’Éric Piolle, ils avaient obtenu 22 % au second tour et 6 élus dans l’opposition. 5 d’entre eux sont aujourd’hui candidats dans la liste de rassemblement d’Éric Piolle, par ailleurs composée de militants du Parti de Gauche et, pour moitié, de personnalités de la société civile.

  • 18 h 30 : David Assouline, porte parole du PS, a annoncé mardi soir sur RTL que Jérôme Safar, «n’aura pas l’investiture du PS». «Nous avons tout fait, tout dit pour que la liste socialiste se désiste à Grenoble , a regretté David Assouline. Mais localement, ils en ont décidé autrement.»

-Invité sur le plateau de France 3 Alpes, Jérôme Safar a rappelé les «éléments de divisions» :

Pour le maire sortant de Grenoble, Michel Destot, interviewé par France 3 Alpes, «il n’y a pas à Grenoble de danger de droite ou d’extrême droite» :

Illustration - Grenoble : pas de fusion PS-écolos, le candidat socialiste désavoué par son parti - JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Politique
Temps de lecture : 4 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

La Chine, révélatrice des tensions à gauche sur les enjeux internationaux
Analyse 15 mai 2026 abonné·es

La Chine, révélatrice des tensions à gauche sur les enjeux internationaux

Alors que Donald Trump termine son voyage diplomatique à Pékin, en France, les formations de gauche ne cachent pas leurs divergences sur la position à tenir vis-à-vis de Xi Jinping. Même si les positions, en réalité, ne sont pas si éloignées.
Par William Jean et Martin Eteve
À gauche, le casse-tête de la candidature
Gauche 13 mai 2026

À gauche, le casse-tête de la candidature

À gauche, la désignation présidentielle est devenue un piège autant qu’une nécessité. Derrière les appels à l’union persistent des fractures stratégiques et idéologiques. Tour d’horizon des options.
Par Pierre Jacquemain
Gauche : le piège du RN
Analyse 13 mai 2026 abonné·es

Gauche : le piège du RN

La possibilité d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir ne relève plus de la fiction politique. Face à une société fracturée, la gauche peine à retrouver un récit commun et une stratégie de conquête capables d’incarner une alternative majoritaire.
Par Pierre Jacquemain
2027 : la gauche et les écologistes en ordre dispersé
Analyse 13 mai 2026 abonné·es

2027 : la gauche et les écologistes en ordre dispersé

Fragmentée par ses contradictions sur l’immigration, les questions identitaires, l’écologie et l’international, la gauche française apparaît prisonnière d’un désordre qui dépasse largement ses querelles d’appareil. Elle peine à reconstruire un récit commun capable de répondre à la peur du déclassement comme aux défis démocratiques et climatiques.
Par Denis Sieffert