Grigny 2 : partir à tout prix

La copropriété de standing imaginée dans les années 1970 est devenue en quatre décennies un haut lieu de misère et de relégation. En cause : les failles des politiques du logement.

Pauline Graulle  • 12 février 2015 abonné·es
Grigny 2 : partir à tout prix
© AFP PHOTO / JOEL ROBINE

La lumière cristalline perce entre les branches des lourds sapins. En ce matin glacial, où le ronronnement lointain du RER couvre par intermittence le chant des oiseaux, Grigny 2 ressemble à une résidence tranquille. Si ce n’était ces panneaux « À vendre ». Un, deux, huit, dix… Sous les balcons débordant d’antennes télé, de linge et de vélos, les affichettes de couleur prolifèrent sur les tours dressées vers le ciel. Vendre et partir. Telle est l’aspiration de bien des habitants de ce grand ensemble qui cumule les superlatifs. La deuxième copropriété d’Europe (en taille), située dans la ville la plus indigente de l’Essonne, accueille aussi la population la plus pauvre de Grigny. Même à La Grande-Borne, cité « chaude » située de l’autre côté de l’A6, le niveau de vie est un peu plus élevé. Un comble pour ce projet immobilier destiné, à sa construction dans les

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Publié dans le dossier
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Temps de lecture : 9 minutes