Grèce : L’union derrière Tsipras
Malgré une campagne où il a dû affronter la violence du camp du « oui », le Premier ministre a réussi un coup de politique intérieure. Correspondance à Athènes, Angélique Kourounis.
dans l’hebdo N° 1361 Acheter ce numéro

Ivres de joie, les Grecs du « non » ont fêté leur victoire, dimanche, tard dans la nuit. Une victoire à laquelle ils ne croyaient pas eux-mêmes, pas plus que le gouvernement ne s’y attendait. « Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais pu imaginer un tel résultat », lâchait avec un grand sourire Georges Katrougalos, ministre de la Réforme administrative. Les Grecs fêtaient et fêtent encore, si l’on en croit les discussions dans les cafés, dans les supermarchés ou dans les files d’attente devant les banques, non seulement le « non » à l’austérité, mais surtout le « non » à la peur et au matraquage médiatique. Cela, malgré les incertitudes du lendemain. « Je suis fier de ce peuple », disait, dimanche soir, place Syntagma, Martin Schranz, journaliste allemand vivant depuis vingt-trois ans en Grèce : « J’ai eu peur jusqu’au bout qu’ils cèdent. » Et il y avait de quoi.
Tout ce que le pays compte comme institutions économiques, patronales, commerciales, toutes les fédérations professionnelles, l’écrasante majorité des médias avaient appelé à voter « oui » dans une campagne où tous les