BDS : Incohérences françaises

Alors qu’Israël rejette déjà l’initiative de la France pour relancer le processus de paix, le gouvernement criminalise les appels au boycott qui font pression sur l’État hébreu.

Denis Sieffert  • 11 mai 2016 abonné·es
BDS : Incohérences françaises
© MICHEL EULER/AFP

Il en va de la position française dans le conflit israélo-palestinien comme de beaucoup d’autres sujets : c’est le règne de la confusion. Alors que l’ancien ministre des Affaires étrangères, -Laurent Fabius, avait obtenu de haute lutte un vote favorable de la France pour reconnaître à la Palestine un statut d’observateur à l’ONU, et alors que le même Laurent Fabius est à l’origine d’une nouvelle initiative de conférence internationale, la traque se poursuit contre les associations qui appellent au boycott des produits israéliens. Comme si toute pression exercée sur Israël devait être interdite, alors même que l’État hébreu rejette les unes après les autres les tentatives de relance du processus de paix.

En fait, il apparaît clairement qu’il y a plusieurs « lignes » au sein du gouvernement. Quand le Quai d’Orsay, à présent dirigé par Jean-Marc Ayrault, développe – avec plus ou moins de conviction – son projet de conférence, le Premier ministre, Manuel Valls, menace les associations qui appellent au boycott pour amener Israël à se conformer au droit international. Comme si le ministère des Affaires étrangères et Matignon ne

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