Les Flash-Ball et les LBD dans le viseur

Ces armes dites « sublétales » utilisées par la police sont mises en cause.

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À Rennes, le 28 avril, un étudiant en géographie de 20 ans qui manifestait contre la loi travail a perdu un œil, touché par un projectile tiré par la police. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie par le procureur de la République d’Ille-et-Vilaine et la préfecture a reconnu l’usage, par les forces de l’ordre, de lanceurs de balles de défense de type 40 (LBD40), plus récents et puissants que les anciens Flash-Ball. Ce n’est pas la première fois que l’usage de ces armes dites « sublétales » dans la terminologie de l’administration est mis en cause.

Selon l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), elles sont à l’origine « en France, entre 2004 et 2015, de 39 blessés graves et un mort ». En juillet 2015, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, avait recommandé « d’interdire l’usage du Flash-Ball superpro dans un contexte de mobilisation » et « aussi demandé la réintroduction de certaines précautions d’emplois (zones de tir, avertissements), pour l’usage des LBD, lanceurs de balles de défense 40/46 ». Mais le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, s’y était opposé.

Des personnalités de gauche et des représentants du monde culturel relancent aujourd’hui le débat : « En citoyens, nous demandons à l’État de faire enfin droit à toutes les recommandations du Défenseur des droits », écrivent-ils dans un texte publié le 1er mai. Le déploiement des LBD devrait toutefois se poursuivre : selon l’Assemblée des blessés, des familles et des collectifs contre les violences policières, l’État aurait passé « une commande exceptionnelle de MDCP (munitions de défense à courte portée) de calibre 40 mm, pour un montant de 5,5 millions d’euros et une quantité estimée à 115 000 munitions par an ». De quoi en mettre plein les yeux aux manifestants.


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