Bure : 400 militants anti-nucléaire ont réinvesti le bois

Les forces de l'ordre les avaient chassé du bois Lejuc, à Mandres (Meuse). Ils y sont revenus en nombre samedi dernier.

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Parole tenue : ils avaient annoncé qu'ils reprendraient le bois Lejuc, après en avoir été chassé à l'aube du 7 juillet. Ils étaient une quarantaine. Samedi dernier, 400 à 500 militants opposés à la création du gigantesque centre d'enfouissement sous-terrain de Bure (Meuse, près de Mandres) pour les déchets nucléaires français les plus radioactifs et les plus pérennes, sont revenus avec outils, gamelles et sacs de couchage pour reprendre position.

La petite troupe, jeunes, vieux, masqués ou pas et principalement habitants de la région, a contourné sans trop de difficultés la centaine de gendarmes mobiles et de vigiles affectés à la protection du site, dans l'incapacité d'interdire intégralement l'accès aux 220 hectares de la parcelle boisée. L'accès principal reste cependant tenu par les forces de l'ordre, qui permettent à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), propriétaire contestée du bois, de poursuivre les travaux de déboisement et de terrassement entamés en mai dernier.

Les opposants les jugent illégaux, ce qui avait justifié la première occupation du bois, le 19 juin. C'est sous haute surveillance que les engins de l'Andra ont repris ce matin les coupes d'arbres et la construction d'un mur de béton destiné à sécuriser une plate-forme d'opération.

© Politis

Sur le terrain, les occupants s'insurgent contre la troublante connivence entre les gendarmes et les vigiles privés de l'Andra, ces derniers semblant commis au sale boulot de nervis des forces de l'ordre - bastonnade, coups sur le crâne, gazages à bout portant, vols d'effets de militants :

Nous tenons à dénoncer le caractère insupportable des ces violences graves infligées par la milice privée de l’Andra et de la connivence à peine cachée de ces dernières avec les forces de gendarmerie. Nous condamnons la présence de groupes armés et violents distillant un tel climat de terreur pour le compte de l’Andra.

Et la résistance se ramifie. Les militants, s'ils entendent « perturber » durablement les travaux de l'Andra par cette occupation partielle du bois, ont commencé à élargir leur action. Ce lundi matin, quelques-uns d'entre eux ont bloqué de 8h à 9h30 l'entreprise de travaux publics Vichard frères, à Joinville (25 km de Bure), sous-traitant de l'Andra. « Notre message : c'est toute la filière nucléaire que nous entendons bloquer par notre action », précise un militant.

Prochaines étapes :

• samedi 23 juillet, la constitution pour Bure d'un collectif de « naturalistes en lutte », à l'image de celui qui a révélé la grande biodiversité du site de Notre-Dame-des-Landes

• Les 13 et 14 août, nouveau grand rassemblement d'opposants à Bure, pour consolider la résistance, « et cibler l'avancée du chantier de l'Andra ».


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