Mort d’Adama Traoré : Bernard Cazeneuve botte en touche

Vanina Delmas  • 2 novembre 2016
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Mort d’Adama Traoré : Bernard Cazeneuve botte en touche
© Photo: La famille d'Adama Traoré, lors d'une manifestation à Paris, le 30 juillet 2016. Julien Mattia / NurPhoto

Dans un silence glacial, le député Pouria Amirshahi a interpellé le Premier ministre sur la mort d’Adama Traoré, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale : « M. le Premier ministre ou quelqu’un d’autre du gouvernement a-t-il adressé un mot à la famille de notre jeune compatriote décédé ? »

La réponse n’est pas aussi limpide. C’est Bernard Cazeneuve qui s’y colle, et non Manuel Valls. Le ministre de l’Intérieur se lance aussitôt dans une diversion en faveur des forces de l’ordre, sans aucun embarras :

Je vous le dis sans emportement et en toute franchise. Ce que je ne peux plus accepter, c’est la mise en cause permanente du travail effectué par les forces de l’ordre […] sans que jamais il n’y ait un mot pour ces policiers qui portent l’uniforme, qui assurent la sécurité des lieux de culte, des Français et qui sont aujourd’hui pour certains d’entre eux dans des hôpitaux, après avoir été agressés…

Applaudissements fournis d’une partie de l’hémicycle.

Adama Traoré est décédé le 19 juillet 2016, jour de son anniversaire, suite à son interpellation dans le Val-d’Oise par les forces de l’ordre. Lors de l’enquête menée par l’inspection générale de la gendarmerie, un sapeur-pompier volontaire, intervenu ce jour-là, a indiqué que le jeune homme n’était pas en position latérale de sécurité et qu’il n’avait plus de respiration à son arrivée. Pouria Amirshahi fait le parallèle avec deux autres décès semblables : celui de Wissam El-Yamni, à Clermont-Ferrand en 2011, et de Amadou Koumé, à Paris en 2015. « La lutte contre l’impunité doit concerner tout le monde ! », a-t-il lancé. En face, Bernard Cazeneuve n’a pas cité une seule fois le nom d’Adama Traoré.

Police / Justice
Temps de lecture : 2 minutes
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