Philippe Marlière : « Il s’agit de se reconnecter avec l’électorat populaire »
Le politiste Philippe Marlière analyse les raisons de la crise de la social-démocratie et s’interroge sur sa survie.
dans l’hebdo N° 1430 Acheter ce numéro

Philippe Marlière pointe depuis plusieurs années les compromissions de la social-démocratie européenne avec le néolibéralisme, synonyme d’accroissement des inégalités, et ses difficultés à rompre avec les politiques d’austérité. Selon lui, pour mettre fin à ce cycle désastreux qui dure depuis plus de dix ans, les sociaux-démocrates doivent renouer avec les aspirations de l’électorat populaire.
Quelles sont les principales causes de la crise de la social-démocratie ?
Philippe Marlière : Je crois que nous arrivons à la fin d’un cycle qui a duré une trentaine d’années, débutant au milieu des années 1980 avec l’épuisement du modèle néokeynésien qui était celui de la social-démocratie depuis l’après-guerre. À la suite de transformations économiques, du choc pétrolier et, surtout, d’une contre-offensive idéologique néolibérale venue des États-Unis et