Radiographie d’une défaite

Pour la gauche de la gauche française, la victoire de Donald Trump est un signe supplémentaire qu’il faut en finir avec le social-libéralisme. Mais rien n’est réglé sur la manière d’y parvenir.

Pauline Graulle  • 16 novembre 2016 abonné·es
Radiographie d’une défaite
© Photo : JEFF KOWALSKY/AFP

Il est des vaincus qui en disent plus long sur la victoire que les vainqueurs. C’est le cas dans cette élection américaine qui a vu la défaite, aussi cuisante qu’inattendue, de l’archi-favorite. Au bout du compte, ce n’est donc pas tant Donald Trump qui a gagné qu’Hillary Clinton qui a perdu. Reste à savoir ce qui, en elle, a perdu. Ses emails ? Son sexe ? Son mari ? Ses accointances avec Wall Street ?

Pour se faire une idée, il faut aller voir un autre perdant. Un perdant qui, paradoxalement, sort victorieux de l’élection américaine : Bernie Sanders, 75 ans. De ce candidat-là aussi, Clinton ne devait faire qu’une bouchée à la primaire. Il a finalement été évincé au forceps – et non sans soupçons de fraude. Au point que bon nombre de ses électeurs ont refusé de soutenir la candidate, quand certains ont été jusqu’à rallier le candidat républicain.

Qu’ont diable en commun Trump et -Sanders ? La rupture. Rupture avec l’establishment d’abord, l’un comme l’autre étant quasi inconnus – du moins, pour le premier, du monde politique – il y a deux ans à peine. Rupture aussi avec le

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Monde
Publié dans le dossier
Trump : À qui la faute ?
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