La démocratie au bout du clic ?

Grâce au numérique, la « civic-tech » veut impulser une autre façon de prendre part au débat politique, plus horizontale et plus participative. Doux rêve ou réelle vision citoyenne ?

L’univers numérique a un nouveau dada : « les civic-tech ». Derrière ce néologisme se cacherait le moyen de renouveler notre démocratie en crise, de faire sa « mise à jour » et de la rendre plus interactive. Ces « technologies civiques », en bon français, ce sont par exemple les primaires citoyennes organisées par Primaire.org, qui entamera du 15 au 31 décembre le second tour de l’élection de son « candidat citoyen », avec presque autant de participants que la primaire écolo. Mais ce sont aussi des sites de contribution aux projets législatifs, à l’instar du site Parlement & Citoyens, ou encore des espaces de débat et de d’échanges tels que DemocracyOS.

La liste est encore longue : interpeller les élus avec le « PiPhone » de la Quadrature du Net, un outil de campagne téléphonique, ou mobiliser grâce au mastodonte qu’est devenu Change.org, avec ses sept millions de Français signataires, donner de son temps avec -Fullmob, un outil de « crowd-timing » … Autant dire que le registre des « civic-tech » est plutôt disparate. Avec cependant un point commun : se servir des technologies pour interroger la démocratie et proposer aux citoyens de participer en continu pour influer collectivement sur la sphère publique et politique. Un brin ambitieux ? « Les civic-tech portent un fort potentiel de transformation démocratique », estime le professeur de science politique Loïc Blondiaux.

La transformation est donc en marche ? Difficile de répondre simplement, vu la diversité des initiatives, qui n’ont pas toutes les mêmes ambitions. En comparaison de certaines tentatives institutionnelles, les civic-tech semblent bien plus efficaces pour mobiliser les citoyens. Le sociologue Dominique Cardon cite un exemple « un peu méchant », de son propre aveu. En 2013, l’Union européenne organisait une consultation publique sur la pêche en eaux profondes. Au même moment, la dessinatrice Pénélope Bagieu publie une bande dessinée accompagnée d’une pétition sur le même sujet. Résultats : 16 contributions pour la consultation contre 600 000 signatures pour la BD.

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