Armand Gatti, poète quantique
Surnommé « le poète des maudits », ce fils d’ouvrier fit exploser le langage théâtral et politique.
dans l’hebdo N° 1449 Acheter ce numéro

Quand on rencontrait Armand Gatti, ce qui frappait avant tout, c’était son humanité. Quelle profondeur tendre dans ses yeux noirs ! La fraternité était immédiate. Avec lui, les mots de la camaraderie révolutionnaire, dont on use et abuse dans les milieux de gauche, n’étaient pas mensongers ou superficiels. Alors qu’il profitait de la solitude pour écrire des milliers de pages, il vivait pour aimer les autres, guérillero de la plume qui arrêta un jour sa trajectoire d’auteur estimé du système pour prendre comme partenaires de vie et de travail les réprouvés – loubards, taulards et zonards.
Armand Gatti s’est éteint à Saint-Mandé le 6 avril, à 93 ans. Il était né à Monaco en 1924, non pas là où l’argent prend le soleil mais à l’ombre, où le numéraire se fait rare. Son père, prolétaire d’origine italienne, était allé ici et là et avait trouvé un travail de balayeur sur le « Rocher ». Sa mère était