Turquie : Le coup de force d’Erdogan

Si le « oui » devait l’emporter au référendum du 16 avril, le régime « démocrate-musulman », installé au pouvoir depuis 2002, pourrait changer de nature.

Denis Sieffert  • 12 avril 2017
Partager :
Turquie : Le coup de force d’Erdogan
© photo : Mehmet Ali Ozcan/Anadolu Agency/AFP

Si le « oui » devait l’emporter au référendum du 16 avril, la Turquie glisserait encore un peu plus vers un régime autoritaire. La réforme constitutionnelle voulue par le président turc Recep Tayyip Erdogan conduirait à la suppression du poste de Premier ministre. Le Président seul pourrait nommer et congédier les ministres. Il pourrait aussi intervenir directement dans le domaine judiciaire. Il s’agirait en fait de la traduction institutionnelle d’une dérive entamée au moins depuis 2013, avec la répression des manifestations du parc Gezi, à Istanbul, puis intensifiée après la tentative de coup d’État militaire du 15 juillet 2016, qui fut, selon la propre expression d’Erdogan, comme « une grâce de Dieu ». Autrement dit, une formidable aubaine qui lui a permis d’organiser une purge gigantesque dans les rangs de la magistrature, de la police, de la presse et de l’université.

Avec le même homme et le même Parti de la justice et du développement (AKP), le régime « démocrate-musulman », installé au pouvoir depuis 2002, pourrait changer de nature. On lira ici l’analyse d’Ahmet Insel, grande figure intellectuelle turque. Mais on verra aussi, avec le reportage de Jérémie Berlioux, qu’en dépit d’une propagande échevelée, la victoire du « oui » demeure incertaine.

Monde
Publié dans le dossier
Turquie : Le coup de force d’Erdogan
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Rome-Tunis-Alger, super gardiens de la forteresse Europe 
Analyse 4 février 2026 abonné·es

Rome-Tunis-Alger, super gardiens de la forteresse Europe 

Le renforcement des relations entre l’Italie, la Tunisie et l’Algérie remodèle ces dernières années les équilibres de la Méditerranée en matière de surveillance, de défense et d’énergie. Un nouvel axe qui contribue à empêcher toute migration irrégulière, et renforce une Union européenne qui externalise toujours plus sa gestion des frontières.
Par Nadia Addezio
Au Soudan, le peuple pris au piège de la guerre
Analyse 30 janvier 2026 abonné·es

Au Soudan, le peuple pris au piège de la guerre

Depuis 2023, la population soudanaise tout entière est soumise au conflit et aux massacres auxquels se livrent les forces militaires dites régulières et leurs anciens alliés des « Forces de soutien rapide ». Elle fait face à une crise humanitaire sans précédent.
Par Isabelle Avran
Stephen Miller, un suprémaciste à la tête de la sécurité américaine
Portrait 29 janvier 2026 abonné·es

Stephen Miller, un suprémaciste à la tête de la sécurité américaine

Conseiller omniprésent de Donald Trump, l’homme impose une vision du pouvoir fondée sur la loi du plus fort. Architecte des politiques migratoires brutales, il fait du langage une arme et étend son influence bien au-delà de son titre officiel.
Par Juliette Heinzlef
Du Ku Klux Klan à l’ICE : le fantasme réactionnaire du mythe du chevalier
Décryptage 29 janvier 2026 abonné·es

Du Ku Klux Klan à l’ICE : le fantasme réactionnaire du mythe du chevalier

La figure du chevalier concentre chez l’extrême droite américaine une rhétorique de défense ethnique et religieuse aujourd’hui banalisée, dissimulant la violence qu’elle charrie.
Par Juliette Heinzlef