La « charge mentale » : le travail caché des femmes

Une bande dessinée, virale sur les réseaux sociaux, met en lumière cette inégalité dans le partage des tâches ménagères au sein du couple.

Malika Butzbach  • 12 mai 2017
Partager :
La « charge mentale » : le travail caché des femmes
© Illustration : Emma

Alors que la femme s’occupe des enfants, elle prépare en même temps le repas. Occupée, elle ne voit pas que la casserole déborde. Lorsqu’il est trop tard, son conjoint lance :

© Politis

« Il fallait demander », cette sentence est familière pour de nombreuses femmes. Et c’est aussi le titre de la bande dessinée que l’auteure Emma a partagée sur sa page Facebook. Un succès car, trois jours plus tard, son post à été partagé par plus de 180 000 personnes.

Un travail non quantifiable

La dessinatrice, déjà connue pour ses dessins engagés, explique avec des mots simples et son crayon, ce qu’est la charge mentale. Alors que l’Insee rapporte qu’en 2010, les femmes consacraient 2,5 fois plus de temps au travail domestique que les hommes, le travail d’anticipation n’est pas pris en compte. C’est justement le propre de la charge mentale, que la chercheuse canadienne Nicole Brais définit comme « le travail de gestion, d’organisation, de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectif la satisfaction de chacun et la bonne marche de la résidence ».

© Politis

Dans cette optique, la femme apparaît comme la cheffe de projet du travail domestique, devant, de fait, organiser et répartir les tâches ménagère. L’homme, de son côté, est un simple exécutant.

Dénonciation et solution

Non content de dénoncer la situation, Emma souligne aussi des pistes de solutions pour sortir de cette inégalité. Et cela passe autant par les femmes que par les hommes. Si ceux-ci doivent revendiquer le droit dans le cadre familial – la dessinatrice rappelle d’ailleurs l’enjeu que représente l’allongement du congé de paternité, limité actuellement à 11 jours –, les femmes doivent savoir lâcher stratégiquement pour laisser le relais. Car après, tout, « l’inversion des rôles est souvent plus efficace que la confrontation », conclut Emma.

Société
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

VIDÉO – Zaid, militant antifasciste menacé d’expulsion vers la Hongrie, témoigne
Entretien vidéo 12 janvier 2026

VIDÉO – Zaid, militant antifasciste menacé d’expulsion vers la Hongrie, témoigne

Parce qu’il s’est opposé à une manifestation néonazie en Hongrie, Zaid, jeune militant antifa, risque une extradition vers la Hongrie. Il sera jugé en France ce 14 janvier.
Par Pauline Migevant
À Paris, « une agriculture basée sur l’exportation détruit les agriculteurs »
Manifestation 9 janvier 2026

À Paris, « une agriculture basée sur l’exportation détruit les agriculteurs »

En dépit du vote d’une majorité d’États européens en faveur du Mercosur, la Confédération paysanne, les Soulèvements de la terre, la CGT, Solidaires et Cancer Colère ont voulu dénoncer l’hypocrisie d’Emmanuel Macron et sa vision productiviste de l’agriculture.
Par Maxime Sirvins
Entre l’État et le monde agricole, une confiance brisée
Analyse 9 janvier 2026 abonné·es

Entre l’État et le monde agricole, une confiance brisée

Depuis deux ans, les colères agricoles s’expriment dans la rue, dans les fermes et dans les médias. Tiraillé de toutes parts, le secteur oscille entre pessimisme, désarroi et défiance envers un État qui ne comprend plus cette population en manque de reconnaissance.
Par Vanina Delmas
En Lozère, du boulot… mais pas de papiers
Reportage 9 janvier 2026 abonné·es

En Lozère, du boulot… mais pas de papiers

Entre attentes interminables, refus répétés et condition de vie indécentes, des dizaines de sans-papiers sont laissés sur le carreau par la politique préfectorale de Lozère. Dans un département en plein besoin de main-d’œuvre, associations et habitants dénoncent un système devenu inhumain et incohérent.
Par Agnès Polloni