Dossier : « Le Bureau des légendes » : Comment raconter le réel en temps réel ?

« Le Bureau des légendes » : Comment raconter le réel en temps réel ?

Depuis 2015, Canal + consacre au contre-espionnage une série qui frappe par sa quasi simultanéité avec l’actualité.

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Le titre fait rêver. Ce qu’il dissimule aussi : un département très secret des services de renseignement français dédié à la fabrication de « légendes », soit des identités fictives destinées à être incarnées par des agents de la Direction générale des services extérieurs (DGSE). Depuis 2015, Canal + consacre au contre-espionnage une série qui frappe par sa manière de faire exister une tension narrative dans un cadre quasi simultané à l’actualité. Créé et piloté par Éric Rochant, Le Bureau des légendes, dont la saison 3 est en cours de diffusion, est plus proche d’un Homeland que d’un 24 heures chrono. Mais avec une spécificité qui tient peut-être plus aux auteurs qu’à un style français à opposer à ces séries américaines : les agents de la DGSE y apparaissent avec leurs forces et leurs faiblesses. Les techniques utilisées semblent plus proches du possible que de l’invraisemblable. S’y exprime aussi la volonté de « défantasmer » Daech. Le Bureau des légendes arrive à point nommé à l’heure où des services de renseignement de pointe vaudraient tellement mieux qu’un état d’urgence permanent.

Si cette série ménage une chambre d’écho aux conflits contemporains, elle a pour originalité de donner une belle place à l’homme, à sa psychologie, à sa résistance et à ses sentiments, dans un univers aux mains de la technique et traversé par des violences inédites.

À lire dans ce dossier :

Une fiction terriblement d’actualité

Éric Rochant : « Le risque est de jouir de la violence »

• Ainsi s’installe la légende…


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