L'ancien président brésilien Lula condamné pour corruption

Trois ans après le début de l'enquête Lava Jato, qui secoue le pays, Lula da Silva a été condamné par la justice. Mais cette condamnation ne signe pas la fin de l'affaire.

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Pour la première fois dans l'histoire du Brésil, un ancien chef d'État est condamné à neuf ans et six mois de prison pour blanchiment d'argent et corruption. Mais Luiz Inacio Lula da Silva, figure de la gauche qui fut au pouvoir entre 2003 et 2010, a d'ores et déjà annoncé qu'il ferait appel. Il reste donc libre jusqu'à la décision du tribunal fédéral régional de Porto Alegre : le juge Moro estimant dans sa décision que « comme l'emprisonnement d'un ex-président de la République représente un certain traumatisme […], il est plus prudent d'attendre le jugement de la cour d'appel. »

Scandale de corruption

Si Lula est considéré comme l'icône du Parti des travailleurs (PT), le juge Sergio Moro est, lui, devenu un symbole de la lutte contre la corruption depuis l'enquête Lava Jato. L'ancien chef d'État a été reconnu coupable d'avoir accepté 3,7 millions de reals (soit un peu plus d'un million d'euros) et un appartement dans une station balnéaire de la part d'OAS, une entreprise d'ingénierie, en remerciement de son intervention pour l'attribution de contrats à la compagnie pétrolière Petrobras.

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Lula da Silva clame son innocence. « Nous prouverons son innocence devant toutes les cours impartiales, y compris aux Nations unies », ont indiqué ses avocats à l'Agence France Presse. Le Parti des travailleurs a lui aussi dénoncé une condamnation « éminemment politique ». « Le problème dans cette affaire c'est que le juge joue avec l'opinion publique, créant un climat tendu au sein de la société », a indiqué Paulo Okamotto, président de l'Institut Lula, au journal O Globo.

Des interrogations pour l'élection présidentielle

L'affaire n'a pas cessé de faire parler d'elle tant Lula da Silva, ancien ouvrier métallurgiste, est une personnalité clivante. Si, lors de son départ du pouvoir en 2010, sa cote de popularité avait atteint plus de 80 %, des manifestants anti-Lula sont descendus dans les rues à Sao Paulo.

On ne sait pas encore si l'ex-président passera par la prison mais l'enjeu de cette affaire est importante. Le juge Moro lui a interdit d'exercer une fonction publique, ce qui l'empêche de se porter candidat à l'élection présidentielle de 2018 comme le souhaitait son parti. Certains sondages le présentaient d'ailleurs comme le favori de cette élection avec plus de 30 % d'intentions de vote. La condamnation de Lula intervient sur fond de crise politique et sociale au Brésil : le président actuel Michel Temer (Parti du mouvement démocratique brésilien, droite) est lui aussi visé par des accusations de corruption, tout comme Dilma Rousseff (PT) qu'il a remplacée l'année dernière après avoir participé à sa destitution.


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