Économie sociale : « Donner de la liberté à l’initiative citoyenne »

Nommé haut-commissaire à l’Économie sociale et solidaire dans un contexte d’inquiétude pour le secteur associatif, Christophe Itier défend sans complexe une vision entrepreneuriale de l’action sociale.

Pauline Graulle  et  Erwan Manac'h  • 27 septembre 2017 abonné·es
Économie sociale : « Donner de la liberté à l’initiative citoyenne »
© photo : JEFF PACHOUD/AFP

C’est un petit nouveau dans les hautes sphères du pouvoir, et ça se voit. Pas encore de fiche Wikipédia sur Internet et, dans son modeste bureau hébergé par le ministère de Nicolas Hulot, où il a emménagé trois jours plus tôt, Christophe Itier, fraîchement nommé haut-commissaire à l’Économie sociale et solidaire, reçoit sans manières : celui qui assure être imperméable aux attributs clinquants du pouvoir sert le café lui-même et, au lieu de demander à relire l’entretien qu’il nous a accordé, s’inquiète simplement de ce qu’on ne lui fasse pas « dire de bêtises ». L’ex-patron de la Sauvegarde du Nord – une association d’aide sociale à l’enfance –, à la « coolitude » toute macronienne, jure qu’à son nouveau poste il respectera tous ses (multiples) interlocuteurs.

La forte baisse des contrats aidés entérinée par le gouvernement pour 2018 (– 56 % en deux ans) pèse sur le secteur associatif. Pouvez-vous le rassurer ?

Christophe Itier : La situation de ces contrats incombe au gouvernement précédent, qui a voté une baisse de 150 000 emplois aidés pour 2017. Pour tenter d’amortir le choc, nous en avons créé 40 000 [1], mais dans le fond, nous sommes face à des questions structurelles. D’abord, on doit s’interroger sur l’efficacité de ce dispositif pour sortir les personnes du chômage de longue durée et, si ce n’est pas le cas, revoir en profondeur les dispositifs d’insertion professionnelle afin de les rendre plus performants. C’est le sens de la mission qui a été confiée par Muriel Pénicaud à Jean-Marc Borello [fondateur du Groupe SOS, NDLR].

Ensuite, cela pose la question du

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