Jean-Luc Mélenchon et Reporters sans frontières

Le député insoumis a qualifié RSF d’« association de cette profession qui passe sa vie à nous traîner dans la boue ».

Jean-Claude Renard  • 13 octobre 2017
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Jean-Luc Mélenchon et Reporters sans frontières
© Photo : JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

En 2015, à la suite de deux articles publiés dans Montpellier journal, le maire de Grabels (Hérault), Parti de gauche, aujourd’hui France insoumise, René Revol, attaquait en justice ce blog local. Le premier article était titré « Immobilier, inondations : René Revol sur la sellette », et le second « René Revol fait un beau cadeau foncier à un entrepreneur de bâtiment ». Plutôt que d’user d’un droit de réponse, l’élu avait donc préféré « porter plainte au civil pour diffamation et au pénal pour dénonciation calomnieuse » contre Jacques-Olivier Tissier, rédacteur et directeur de la publication. 

Soit. Même si alors cette plainte de la part d’un élu du Parti de gauche contre un petit site d’info avait choqué. La justice a maintenant délivré son verdict. Montpellier journal a été condamné à régler à l’État 127 euros de « droit fixe de procédure » et à verser 800 euros de dommages et intérêts à René Revol.

Ce 9 octobre, le maire de Grabels a publié un communiqué pour informer ses administrés sur les suites de cette affaire : « En février 2015, le blog Montpellier journal m’avait gravement diffamé dans une note reproduite dans un 4 pages diffusés dans toutes les boites aux lettre de Grabels. Ayant porté plainte, l’auteur a été reconnu coupable de diffamation publique par le tribunal correctionnel le 16 mars 2017. Ayant reçu récemment les 937,36 euros d’indemnités, j’ai décidé de verser cette somme au bénéfice de Reporters sans Ffrontières afin de manifester mon soutien à tous les journalistes qui, à travers le monde, défendent le droit à l’information, parfois au péril de leur vie. »

De son côté, Jean-Luc Mélenchon a tenu à féliciter René Revol de sa victoire en justice, publiant lui aussi sur sa page Facebook ce message : « À l’époque la meute avait déchiré à belles dents René Revol. Les faux amis de toujours « se posaient des questions » sur “l’affaire”. Juste une calomnie punie par la justice. Que cela fasse réfléchir, si ca leur est possible, ceux qui courent avec la meute dès qu’un lièvre. » Et de conclure par : « Nota : Revol est bien bête de verser quoi que ce soit à une association de cette profession qui passe sa vie à nous traîner dans la boue. »

Reporters sans frontières saura apprécier, comme Loup Bureau récemment incarcéré en Turquie plus de cinquante jours, libéré précisément grâce à l’intervention de l’association.

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