Le retour de la crise syrienne

Après la chute de Raqqa, l’attention se porte de nouveau sur la guerre civile syrienne.

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La chute de Raqqa, capitale autoproclamée de Daech, a pour conséquence politique immédiate de remettre au centre de l’actualité l’autre conflit, celui qui oppose les rebelles au régime de Damas.

Alors que les combattants des Forces démocratiques syriennes continuent de déminer Raqqa, mettant en garde les habitants contre un retour prématuré dans une ville en ruine, la crise syrienne, longtemps éclipsée, revient au premier plan, au moins sur la scène diplomatique. En effet, on ne manquera pas d’observer que les forces qui ont vaincu le groupe djihadiste sur le terrain, après presqu’un an de combats, sont principalement des Kurdes de l’Unité de protection du peuple, mais aussi des opposants au régime de Damas proches de l’Armée syrienne libre. Des mouvements politiques qui vont légitimement tenter aujourd’hui de tirer profit de leur victoire.

On attend aussi dans les prochains jours le rapport des experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) sur l’attaque au gaz sarin qui a coûté la vie à 87 personnes dans le village rebelle de Khan Cheikhoun, le 4 avril dernier. Selon toute vraisemblance, la mission pointera la responsabilité directe du régime de Bachar Al-Assad. Comme ce fut déjà le cas lors de précédentes attaques chimiques en 2014 et 2016. Or, la Russie, alliée de Damas, a déjà fait savoir qu’elle poserait son veto à la reconduction de cette mission si le rapport était défavorable au régime. Une menace jugée « scandaleuse » par Washington.

Très affaiblie sur le terrain, la rébellion compte désormais sur la mise en accusation de Bachar Al-Assad pour affaiblir la position du président syrien dans les différentes négociations en cours.


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