Rémi Fraisse : se rassembler pour ne pas oublier

Un rassemblement était organisé à Paris jeudi 26 octobre pour les trois ans de la mort du militant écologiste tué par une grenade offensive.

Malika Butzbach  • 27 octobre 2017
Partager :
Rémi Fraisse : se rassembler pour ne pas oublier
© Photo : Thomas SAMSON / AFP

À la tombée de la nuit, vers 19 heures ce jeudi 26 octobre, une centaine de personne se sont réunies place de la République (Paris XIe). Parmi elles, des militants écologistes, des membres de groupes d’extrême gauche et des antifascistes. « Tous les âges sont présents, remarque Mireille [1]. Cette cause réunit tout le monde : du jeunes radical au vieux militant bobo comme moi. On ne parle pas avec les mêmes mots mais on défend la même cause. »

Les militants présents déploient une banderole « Rémi Fraisse, on t’oublie pas ». De petits groupes se forment, le sujet des répressions policières est au cœur de toutes les discussions. Si Yassine est venu de Saint-Denis avec ses copains c’est avant tout « pour dénoncer ces violences des forces de l’ordre, sous toutes les formes qu’elles peuvent prendre ». D’ailleurs, le jeune homme crie aussi les noms d’Adama Traoré et de Zyed et Bouna (dont on « célèbre » aujourd’hui, 27 octobre, les douze ans de la mort), « aucun ne doit être oublié ».

À lire aussi >> Police : une exception française

Contre le non-lieu requis

Les manifestants dénoncent la complaisance de la justice dans ces affaires de bavures et, en premier lieu, le non-lieu qu’a requis en juin dernier le procureur de la République de Toulouse dans l’affaire Rémi Fraisse_. « C’est toujours la même chose_, affirme Mathieu, étudiant et militant autonome. Ils effacent la violence des policiers en se concentrant uniquement sur celle des manifestants, alors que l’enquête a souligné que Rémi Fraisse était pacifique. Et puis ils se contentent de parler de bavures, de tragédie… » Une pétition circule pour demander à la ministre de la Justice Nicole Belloubet d’intervenir pour que le non-lieu requis dans l’affaire ne soit pas prononcé.

À lire aussi >> Rémi Fraisse, un an après

Une dizaine de voiture de police encerclent la place. Face aux agents, les manifestants scandent « Flics, fascistes, assassins ». Une manifestation sauvage était organisée à la fin de ce rassemblement, elle s’est finie à Ménilmontant aux alentours de 22 heures. Selon la préfecture, neuf personnes ont été interpellées. À l’AFP, Gracieuse, 67 ans, militante d’Attac, témoigne : « Dans les manifs, on en arrive à se demander si on va rentrer chez nous entiers. »

[1]Le prénom a été modifié.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Youlie Yamamoto : « Notre mission, réunir les forces sociales »
Entretien 3 juillet 2026 abonné·es

Youlie Yamamoto : « Notre mission, réunir les forces sociales »

À la veille d’une élection présidentielle sous haute tension, la porte-parole d’Attac nous livre son analyse de la situation politique et les leviers d’une mobilisation sociale plus que jamais. Interview dessinée.
Par Ana Pich
10 idées pour refonder la gauche et combattre l’extrême droite
Idées 3 juillet 2026

10 idées pour refonder la gauche et combattre l’extrême droite

Dans un contexte social et international fragilisé, la gauche doit reconstruire un projet crédible et mobilisateur.Entre propositions pour renforcer les services publics, la justice sociale et le droit international, et démentis des discours de l’extrême droite, dix points qui esquissent les conditions d’une alternative politique.
Par Fondation Copernic
« Le système des algorithmes nous force à travailler jusqu’à épuisement »
Entretien 3 juillet 2026 abonné·es

« Le système des algorithmes nous force à travailler jusqu’à épuisement »

Dans son récit photographique Uber Life, la jeune artiste Tassiana Aït-Tahar, ancienne livreuse pour Uber Eats, raconte de l’intérieur un travail très rude. Elle dit aussi les solidarités qui permettent de tenir, de résister.
Par Anaïs Heluin
Après l’entrée en vigueur du pacte européen sur la migration et l’asile, la France en situation irrégulière
Reportage 2 juillet 2026 abonné·es

Après l’entrée en vigueur du pacte européen sur la migration et l’asile, la France en situation irrégulière

Dans un contexte d’impréparation de l’administration, plusieurs irrégularités ont été observées aux frontières. Ces pratiques ont conduit à l’enfermement de personnes auxquelles n’auraient pas dû s’appliquer les nouvelles procédures.
Par Pauline Migevant