Voiture de police brûlée : lourdes peines prononcées

Après une enquête et un procès à charge, le délibéré sévère vient confirmer l'acharnement de la justice sur les militants accusés d'avoir incendié un véhicule de police le 18 mai 2016 à Paris.

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Le tribunal correctionnel a prononcé mercredi des peines allant jusqu'à sept ans de prison ferme dans l'affaire retentissante de la voiture de police attaquée et brûlée par des militants antifascistes à Paris en mai 2016. Le ministère public avait requis des peines extrêmement lourdes, le 22 septembre, à l’issue d’un procès que de nombreux observateurs ont qualifié de politique, et qui fait suite à une enquête « à l’envers », selon des proches d’Antonin Bernanos, l’un des principaux inculpés.

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Si les peines prononcées sont pour certaines en deçà des réquisitions, elles n'en ont pas moins été accueillies par des clameurs de protestation d'une quarantaine de partisans des prévenus. Elles restent, en effet, extrêmement lourdes. Les militants massés à l'extérieur de la salle d'audience ont été rapidement évacués par les gendarmes, aux cris de « Tout le monde déteste la justice ». Un dispositif de sécurité rarissime avait été déployé.

La peine la plus lourde, sept ans de prison ferme, a été prononcée contre le Suisse Joachim Landwehr, en fuite. Il a été déclaré coupable d'avoir incendié la voiture de police avec un fumigène, le 18 mai 2016 sur le quai de Valmy, au cœur de la capitale.

Le tribunal a par ailleurs ordonné le maintien en détention de l'Américaine transgenre Kara Brault et d'Ari Rustenholz, respectivement condamnés à quatre ans de prison et cinq ans de prison, assortis pour moitié du sursis. Ils étaient accusés d’avoir brisé des vitres du véhicule à coups de plot alors que deux policiers se trouvaient à l'intérieur.

Nicolas Fensch, accusé d’avoir frappé un policier à coups de barre métallique, ne retournera pas en prison. Ce quadragénaire écope de cinq ans de prison assortis pour moitié du sursis, une peine couverte en partie par la détention provisoire, et potentiellement aménageable pour le reste.

Antonin Bernanos pourrait retourner en prison

Une incertitude demeure sur une incarcération ultérieure du prévenu le plus scruté du procès, Antonin Bernanos. Le tribunal a vu en lui l'assaillant qui a frappé à coups de poing un policier assis dans sa voiture, avant de briser le pare-brise arrière. Parlant d'une « scène de guérilla urbaine » et d'un « risque de réitération », le président a condamné l'étudiant de 23 ans à trois ans de prison ferme (cinq dont deux avec sursis), mais sans « mandat de dépôt », c'est-à-dire sans départ immédiat pour la prison. Il avait déjà effectué dix mois de détention provisoire. Il lui reste donc en théorie vingt-six mois de prison à effectuer, en sachant qu'il est possible d'aménager une peine de vingt-quatre mois, par exemple avec le port d'un bracelet électronique. Il n'est donc pas exclu que le jeune homme retourne en prison pour plusieurs semaines ou mois. Son avocat Arié Alimi a indiqué que tout appel dépendrait de ce calcul, et a déploré qu'au cours du procès « la politique soit entrée dans la sphère judiciaire ».

Un autre prévenu a été condamné à deux ans de prison dont un avec sursis pour avoir donné des coups de pied et de poing dans la voiture, un autre à un an de prison avec sursis pour « participation à un attroupement violent ». Deux jeunes hommes poursuivis pour ce dernier délit ont été relaxés, dont Angel Bernanos le frère cadet d'Antonin.


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