Dossier : Urgence climatique : Une révolution vitale

Demain, habiter la Terre

Malgré la crise écologique, de nouvelles approches émergent pour imaginer un monde plus juste. Espoir.

L’analyse s’est imposée en quelques années : dérèglement climatique, récessions économiques, pénuries alimentaires, menaces terroristes, explosion des migrations… sont les manifestations d’une crise globale qui affecte toute la planète. Et du côté des intellectuels et des militants, la pensée a aussi changé de braquet. Attac décrit ainsi des approches nouvelles en émergence qui recèlent des réponses systémiques insoupçonnées, à la fois par une conceptualisation puissante et par leur potentiel à intervenir concrètement sur le réel [1]. En 2009, le Forum social mondial de Belém (Brésil) assiste à l’expression étonnamment vivante des cultures indigènes d’Amérique latine. Les cosmovisions des sociétés andines aymaras et quechuas ont inspiré la théorisation latino-américaine du « Buen vivir » (ou Vivir bien, le bien-vivre) : la construction de sociétés visant l’harmonie dans toutes les dimensions de leurs interactions – espace, temps, êtres vivants, générations passées et à venir, etc. Donc, pas de place au concept occidental de « développement » alimenté par une croissance sans limite. La Bolivie et l’Équateur, à population majoritairement indigène, se sont saisies du Buen vivir, certes très imparfaitement, mais au point d’introduire dans leur Constitution des droits pour la Terre-mère dans une approche non seulement indigène mais aussi scientifique, éthique et juridique, souligne le Bolivien Pablo Solón (lire notre entretien ici). On peut facilement y référer la montée d’un droit international revendiquant de pénaliser les atteintes à la nature – des « écocides » menaçant la poursuite de la vie sur la planète. Des droits « à exister » pour la nature, c’est aussi donner aux générations futures des garanties pour bien vivre, défend la juriste Valérie Cabanes dans son ouvrage Homo natura, (Buchet Chastel). En germe dans les années 1970, la remise en question du dogme de la croissance s’est fortement radicalisée depuis quinze ans. Là encore, la « décroissance » (ou postcroissance) est bien plus qu’une alternative au capitalisme néolibéral, insiste l’économiste Geneviève Azam [2], elle entend renverser un système de valeurs qui asservit à l’économie mondialisée la vie sociale, les ressources naturelles, la culture, la démocratie, etc. Idem avec la montée de la « déglobalisation » : l’aspiration à inverser le mouvement de la mondialisation se conceptualise comme un dépassement prometteur, loin des replis. Le retour à un fort ancrage local de l’économie, des décisions et des échanges apporte des solutions sur tous les plans de la crise globale, démocratie comprise.

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