Corse : Les « natios » en route vers la victoire

La liste nationaliste conduite par Gilles Simeoni, largement en tête du premier tour des élections territoriales du 3 décembre, devrait remporter une forte majorité dimanche prochain.

Ce fut presque la chronique d’une victoire annoncée. Les « natios », comme on les désigne souvent sur l’Île de Beauté, ont remporté un score impressionnant pour le premier tour d’un scrutin de liste à la proportionnelle. Avec 45,36 % des voix dimanche dernier, la liste « Pè a Corsica », conduite par l’autonomiste Gilles Simeoni, résultat d’une alliance entre sa formation, Femu a Corsica, et celle de l’actuel président de l’Assemblée de Corse, l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni (5e sur la liste), Corsica libera, s’est qualifiée haut la main pour le second tour, dimanche 10 décembre. À l’issue de ce scrutin, il est donc quasi certain, avec un tel raz-de-marée au premier tour, que les nationalistes disposeront d’une forte majorité, notamment grâce à la « prime majoritaire » attribuée à la liste arrivée en tête – elle leur garantit l’obtention de 11 sièges supplémentaires (cf. encadré, ci-contre). Mais l’une des plus grosses avancées pour la liste nationaliste est aussi l’écart qu’elle est parvenue à creuser avec ses concurrents les plus immédiats. Elle obtient en effet trois fois plus de suffrages que celle emmenée par Jean-Martin Mondoloni, classée comme « droite régionaliste » (14,97 %), sur laquelle figurait à la septième place l’ex-député et chef de clan Camille de Rocca Serra. C’est même quatre fois plus de voix environ que la liste de l’avocate Valérie Bozzi (12,77 %), soutenue par Les Républicains, et notamment par José Rossi, un temps ministre du gouvernement Balladur, ancien député et ex-président de l’Assemblée de Corse (1998-2004). La liste « Pè a Corsica » distance encore plus celle dirigée par Jean-Charles Orsucci (11,26 %), l’actuel maire de Bonifacio, qui se présentait au nom du parti présidentiel La République en marche (LREM), rassemblant autour de lui des personnalités d’horizons divers et d’étiquettes politiques jadis opposées. Ses prises de position successives l’ont sans doute handicapé auprès d’un électorat qui n’a pas oublié ses engagements parfois contradictoires, notamment lorsqu’il prenait part il y a quelques années à des manifestations en faveur des « prisonniers politiques » corses, avant de déclarer récemment qu’il n’en existe aucun…

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