Geneviève Fraisse : « Quelle place pour le corps des femmes ? »

Pour Geneviève Fraisse, l’affaire Weinstein construit de l’émancipation. Si l’autonomie économique reste centrale pour la prise de parole, l’esprit de révolte se répand.

Ingrid Merckx  • 13 décembre 2017 abonné·es
Geneviève Fraisse : « Quelle place pour le corps des femmes ? »
© Image : Emma

À son essai Du consentement, publié en 2007 et réédité cet automne, Geneviève Fraisse a ajouté un épilogue : « Et le refus de consentir ? » Son travail précédent se concentrait sur le « oui » à la domination : « oui » individuel d’abord, puis « oui » du consentement « compris comme un argument politique ». « Et le “non”, quel est-il ? On connaît le “non” individuel ; mais où se trouve le “non” politique ? », interroge la philosophe féministe dans ce texte écrit en mai. Quelques mois avant que n’éclate l’affaire Weinstein…

Une des caractéristiques de l’affaire Weinstein, c’est la réaction collective large des femmes qui ont dénoncé les comportements du producteur, et d’autres après lui. Vous parlez de « révolte ». « Révolution », c’est hors sujet ?

Geneviève Fraisse : Mi-octobre, j’ai dit qu’il s’agissait d’un événement qui prend place dans l’histoire. J’ai dit aussi qu’il s’agissait d’une révolte qui allait s’étendre. « Révolte

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Société
Temps de lecture : 8 minutes