Les lanceurs d’alerte tiennent salon à Paris

La troisième édition de ce salon qui mêle livres, rencontres et débats, se tient au cœur d'une actualité chargée avec la prolongation européenne de l’autorisation du glyphosate et les menaces qui pèsent sur les émissions d’investigation des chaînes publiques.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


C’est un salon à nul autre pareil. Le salon « Des livres et l’alerte » – vous pouvez aussi prononcer « délivrez l’alerte » – qui se tient ce week-end à la Maison des métallos à Paris réunit (presque) toute la planète des lanceuses et lanceurs d’alerte. Qu’il s’agisse d’alerte environnementale, sanitaire, politique ou financière.

Ont ainsi annoncé leur présence, entre autres l’écrivain Erri De Luca, le journaliste Denis Robert, la pneumologue Irène Frachon, l’avocate Marie-Odile Bertella-Geffroy, l’opposante à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et figure du Cédpa Françoise Verchère, Brigitte Gothière de l'association L214… Mais aussi Antoine Deltour, ex-auditeur de PwC à l’origine des révélations sur le scandale d'évasion fiscale au Luxembourg (LuxLeaks), qui a demandé récemment devant la Cour de cassation du Grand Duché la cassation de sa condamnation. Ou Céline Boussié, une lanceuse d’alerte qui vient d’être relaxée par le tribunal de Toulouse. Aide médico-psychologique, elle était poursuivie en diffamation pour avoir alerté sur les mauvais traitements dans un institut médico-éducatif du Gers.

Cet événement, auquel se sont joints plusieurs éditeurs, permet aux visiteurs de rencontrer un grand nombre d’auteurs autour de leurs livres. Elle ne pourrait exister sans le concours d’une librairie indépendante, Le Presse papier, parce que, comme le dit son responsable, Gilles Bruay, « ce n’est pas Amazon qui va mettre en place ce genre d’événement » qui s’organise sans sponsors (et pour cause) et uniquement avec des bénévoles. Or, si bien souvent les alertes commencent par une brève, un communiqué ou un reportage, poursuit-il, c’est « le livre qui permet de qualifier l’alerte et de la faire vivre auprès du grand public ». Pour souligner l’importance de la qualité de l’écriture dans l’alerte, plusieurs passages d’ouvrages seront d'ailleurs lus samedi en fin d’après-midi par la comédienne Ariane Ascaride.

Ce n'est qu'une des nombreuses animations prévues par les organisateurs. Pas moins d’une vingtaine de tables rondes ou de rencontres figurent au programme. Ainsi qu’un spectacle « 1336, paroles de Fralib » et une projection du documentaire Les Sentinelles, qui met en lumière le combat des victimes de l’amiante ou des pesticides pour obtenir réparation (voir ce que nous en disions ici et ), en présence de son réalisateur Pierre Pézerat.

Pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer, les organisateurs ont prévu de retransmettre en direct ces tables-rondes (attention, il y en aura trois en simultanée) sur leur site internet.

Informations pratiques : 3e Salon des lanceuses et lanceurs d'alerte, Maison des métallos, 94, rue Jean-Pierre-Timbaud (Paris XIe), samedi 2 et dimanche 3 décembre à partir de 13h30. Entrée libre et gratuite.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents