Pour que cesse la guerre dans les quartiers

Les rivalités de voisinage ont pris une tournure dramatique dans le XIXe arrondissement de Paris. La mobilisation des habitants s’amplifie pour interrompre cette spirale autodestructrice.

Erwan Manac'h  • 10 janvier 2018 abonné·es
Pour que cesse la guerre dans les quartiers
© photo : Les parents, en particulier des mères, ont organisé une marche pour la paix. Crédit :nJean-Jacques Samary

La « guerre » qui oppose les jeunes de quartiers voisins dans le XIXe arrondissement parisien a coûté la vie à cinq personnes depuis 2000. Quelques rues à peine séparent les immeubles du quartier Riquet du lot HLM de Cambrai, qui entretiennent depuis plus de vingt ans une rivalité extrêmement violente, et dont plus personne n’est en mesure de donner l’origine ni d’énumérer les épisodes.

Une « guerre des boutons » absurde où les bravades dégénèrent en bagarres, « tête-à-tête », passages à tabac puis coups de couteau. Jusqu’aux tirs avec arme à feu à l’aveugle dans un snack ou un bar à chicha. Le cycle de la vengeance s’alimente ensuite de lui-même, parfois jusqu’à l’exécution sommaire. Dernier drame en date, le 22 septembre dernier, un jeune de 18 ans est décédé au cours d’une fusillade, un an après la mort de son frère aîné dans des circonstances similaires. Une violence « sans queue ni tête », au nom d’une appartenance à un bout de trottoir, qui laisse les adultes démunis.

« Les agressions se sont multipliées après la mort de Salif Sissoko en 2000. Les choses sont devenues très difficiles à calmer ensuite », se souvient Bakary Sakho, 19 ans à l’époque, qui reste « absolument persuadé qu’il n’y a pas un euro en jeu » derrière ces meurtres, malgré les interrogations de nombreux observateurs. « Les gamins sont pris dans un engrenage, comme happés dans des sables mouvants », raconte Farid [1], 26 ans, habitant du quartier Cambrai. Et la circulation des armes provoque des drames. « Il n’y a jamais eu d’intention de tuer »,estime Farid. « Et les rivalités englobent de plus en plus de jeunes, y compris des filles », témoigne Jean-Jacques Samary, de l’association VEMT [2].

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Malgré le cessez-le-feu, la justice reconnaît que les Palestiniens de Gaza sont toujours persécutés par Israël
Justice 19 janvier 2026 abonné·es

Malgré le cessez-le-feu, la justice reconnaît que les Palestiniens de Gaza sont toujours persécutés par Israël

Le 19 décembre, la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a reconnu dans une décision importante que, malgré le « cessez-le-feu », les Palestiniens de Gaza étaient toujours en danger en raison de leur nationalité. Il y a un mois, Mariam, jeune femme palestinienne, a obtenu le statut de réfugié. Elle témoigne.
Par Pauline Migevant
Derrière la ferveur des supporters, l’origine décoloniale de la CAN
Sport 16 janvier 2026 abonné·es

Derrière la ferveur des supporters, l’origine décoloniale de la CAN

Compétition cruciale pour tout un continent et sa diaspora, la Coupe d’Afrique des nations (CAN) porte en elle – et c’est moins connu – une dimension politique liée à l’histoire des décolonisations.
Par Kamélia Ouaïssa
Librairie Violette and Co : l’État et l’extrême droite ensemble contre les librairies soutiens à la Palestine
Extrême droite 16 janvier 2026 abonné·es

Librairie Violette and Co : l’État et l’extrême droite ensemble contre les librairies soutiens à la Palestine

Le 7 janvier, la librairie parisienne a été perquisitionnée par la police, dans le cadre d’une enquête autour de la publication du livre de coloriage pour enfants sur la Palestine. Cet événement inédit survient dans le contexte d’une vagues d’attaques dans plusieurs villes françaises contre les librairies soutenant la Palestine.
Par Marius Jouanny
La doctrine Retailleau contre les « small boats » en Manche, une idée mortifère
Reportage 15 janvier 2026 abonné·es

La doctrine Retailleau contre les « small boats » en Manche, une idée mortifère

Sous la pression de Londres, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avait promis un durcissement avec interception des « small boats » en mer. Cette nouvelle doctrine, lancée à la volée il y a près d’un an inquiète les mondes maritime et associatif.
Par Virginie Wojtkowski