Demandeurs d’asile : Tout le monde au village
Depuis trois ans, la commune rurale de Pouilly-en-Auxois, en Côte-d’Or, accueille des demandeurs d’asile, logés sur réquisition de locaux par l’État. Expérience réussie. Reportage.
dans l’hebdo N° 1489 Acheter ce numéro

Sa première réaction fut l’inquiétude. Accompagnée de quelques nuits blanches. Le maire de Pouilly-en-Auxois, Bernard Milloir, se remémore l’annonce par le ministère de l’Intérieur de la décision de loger sur sa commune quelques dizaines de migrants en provenance de la jungle de Calais, à peine démantelée. Mais, « de toute façon, c’était “oui, avec plaisir”, ou bien “oui” tout court ! Car c’était une décision de l’État, et nous n’avions pas d’autre choix que de nous y soumettre. C’est pourquoi j’ai dit tout de suite qu’il valait mieux faire cela le mieux possible. » Monsieur le maire reçoit alors le soutien actif des services de l’État dans sa démarche, qu’il tient à qualifier de « simplement humaniste, ni plus ni moins », mais aussi de la majorité de son conseil municipal. Ce qui n’allait pas de soi dans une zone rurale traditionnellement conservatrice, où le Front national frôle souvent les 35 % de voix.
« L’inquiétude était normale dans une commune de moins de 1 600 habitants, à la population vieillissante, puisque l’arrivée de 87 migrants au départ représente une hausse de plus de 5 % de la population. Et puis il ne faut pas oublier le contexte :