Marwan Muhammad : « Connaître la diversité et les aspirations des musulmans »

Principal organisateur et concepteur de la consultation, Marwan Muhammad détaille la démarche et analyse les premiers enseignements de cette étude inédite.

Ouverte pendant un mois sur Internet et autour de nombreux débats dans les régions françaises, la « consultation des musulmans » a rencontré un succès certain, avec près de 25 000 réponses aux dix-sept questions posées. Ancien directeur et actuel porte-parole du Collectif contre l’islamophobie en France, Marwan Muhammad expose les grands principes qui ont guidé l’initiative et esquisse l’analyse des résultats dépouillés jusqu’ici.

Quels étaient les objectifs et la méthode de cette consultation ?

Marwan Muhammad : Nous avions des intuitions sur les besoins des musulmans et les problématiques auxquelles ils sont sensibles, mais nous étions conscients que nous connaissons très mal les musulmans de France, dans leur diversité et leurs aspirations.

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Par ailleurs, dès que l’on cherche à interroger une population minoritaire, se pose la question, fondamentale, de la méthodologie. Nous savions que les conditions d’un vrai sondage, en termes d’échantillonnage, de variables et de paramètres, n’étaient pas réunies : une telle opération est très complexe à mener. Aussi, nous avons opté pour une consultation par Internet, moins contraignante qu’un sondage en bonne et due forme, sans néanmoins abandonner nos principes et objectifs de départ : donner la parole aux musulmans en premier lieu ; réaliser une enquête solide et sérieuse sans prétendre être représentatif des cinq millions de musulmans (estimés) en France. Dans le même temps, nous souhaitions que la participation et les réponses soient significatives en termes de nombre et d’implication des personnes, mais aussi de qualité des réponses recueillies.

Nous savons qu’une consultation en ligne comporte des biais inévitables, comme l’accès aux outils informatiques ou l’habitude d’utilisation du Web. Aussi avons-nous cherché à les compenser en organisant des rencontres locales, via les associations ou les mosquées, où pouvait se retrouver pour dialoguer une population pas forcément connectée aux réseaux sociaux. J’ajoute enfin que cette méthode a permis de concevoir la consultation non pas seulement comme une étude, mais également comme une mobilisation.

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