Gilets jaunes : Une fronde populaire, un fond politique

Les gilets jaunes agglomèrent quantité de revendications disparates. Mais la question qu’ils posent est bien fiscale : que fait l’État des impôts qu’il collecte ? Eux n’en voient plus les effets.

Michel Soudais  et  Claude-Marie Vadrot  et  Pierre Hémono  • 21 novembre 2018 abonné·es
Gilets jaunes : Une fronde populaire, un fond politique
© photo : Sur la A10, à proximité de Bordeaux, le 18 novembre.crédit : NICOLAS TUCAT/AFP

Ils avaient promis de bloquer le pays le 17 novembre. Ils ne sont parvenus samedi qu’à paralyser le trafic routier en quelques points stratégiques, et à empêcher l’accès à quelques dizaines de supermarchés et de stations-service. On aurait toutefois tort de minimiser la mobilisation des gilets jaunes, que l’intervention du Premier ministre dimanche soir sur France 2 n’est pas de nature à faire retomber ; des appels à manifester à Paris le 24 novembre étaient lundi fortement relayés sur Facebook. Ni de la réduire aux nombreux incidents qui l’ont émaillée et ont fait un mort et 409 blessés dont 14 graves. Même les chiffres contestés du ministère de l’Intérieur, qui affirme avoir recensé samedi 287 710 manifestants (admirons la grotesque précision du décompte !) sur 2 034 sites à travers le pays, ne peuvent masquer que cette première sortie nationale des gilets jaunes a été un succès. Il n’était pas écrit qu’un mouvement né sur les réseaux sociaux, sans base syndicale, politique ou régionale débouche sur une action réelle et relativement coordonnée.

Certes, la mobilisation n’était pas partout de même ampleur. Si le mouvement a particulièrement pris dans des régions rurales et périurbaines, où le vote d’extrême droite peut être important, souvent derrière

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »
Reportage 20 février 2026 abonné·es

Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »

Au quartier pour mineurs du centre pénitentiaire de la ville de Moselle, si les surveillants sont en jogging et les jeunes ne sont plus envoyés au quartier disciplinaire, ces mesures n’ont pas fait disparaître le contrôle et l’isolement, intrinsèques à l’enfermement.
Par Pauline Migevant
« L’expression “ferme France” perpétue un imaginaire paysan bleu-blanc-rouge »
Entretien 20 février 2026 abonné·es

« L’expression “ferme France” perpétue un imaginaire paysan bleu-blanc-rouge »

L’historien Anthony Hamon décrit l’évolution des syndicats agricoles en France, et la façon dont la politique française vante les mérites d’un monde agricole unifié qui occulte ses disparités sociales.
Par Vanina Delmas
Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?
Reportage 19 février 2026

Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?

Certaines collectivités tentent de se réapproprier la politique agricole à l’échelle communale. Pour lutter contre la disparition des petites fermes, et favoriser une alimentation bio et locale.
Par Vanina Delmas
Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses
Direct 19 février 2026

Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses

Après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, suite à une rixe avec des antifascistes à Lyon le 14 février, posez vos questions à la rédaction de Politis. Instrumentalisation de l’extrême droite, isolement de la France insoumise, banalisation du fascisme : les réactions après « l’homicide volontaire », selon les termes du procureur de Lyon, ont souligné un véritable séisme politique.
Par Politis