Lycéens insurgés, étudiants mobilisés

Réforme du bac, Parcoursup, frais d'inscription pour les étudiants étrangers… Les sujets de révolte sont nombreux.

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De Mirecourt à Sarlat, de Limoges à Toulouse, 188 lycées étaient bloqués, lundi 3 décembre, pour protester contre la réforme du bac et Parcoursup, plateforme qui gère l’entrée à l’université. C’est notamment le cas à Chelles (Seine-et-Marne), avec « des blessés, des gazés, des malaises », déplore Ayoub, en terminale S au lycée Jehan, témoin de heurts avec la police. « La réforme fait exploser le diplôme national au profit d’épreuves par établissements et d’un contrôle continu qui, au lieu de favoriser le travail régulier, risque au contraire d’accentuer les inégalités », résume-t-il. Les lycéens réclament aussi la transparence sur l’algorithme Parcoursup. Ils sont soutenus par les profs, y compris ceux du supérieur, dont le Snesup-FSU. Le principal syndicat lycéen UNL a relayé les blocages sur son compte Twitter et soutient des AG qui s’organisent spontanément ici et là. En vue de rejoindre les étudiants et, pourquoi pas, les gilets jaunes ? C’est la colère de ceux qui se sentent discriminés et laissés pour compte. Et, surtout, pas entendus. « On ne se bat pas que pour nous mais pour les générations futures », ajoute Ayoub, qui a quatre petits frères et sœurs.

Dans les universités, l’explosion des frais d’inscription pour les étudiants étrangers extra-européens ne passe pas. Dans les cartons depuis Sarkozy, la multiplication par 18 du coût annuel (désormais, 2 770 euros en licence et 3 770 euros en master et en doctorat) a provoqué une série d’AG à Paris, Lille, Rennes, Strasbourg, Lyon (photo), Toulouse, Montpellier et Nantes. Dans les débats, comme à Tolbiac le 30 novembre, peu d’étudiants étrangers mais beaucoup de militants des forces politiques et syndicales de gauche, qui cherchent à se mettre en ordre de bataille et à massifier le mouvement. Certains ont appelé à rejoindre le cortège de la CGT du 1er décembre à Paris, d’autres, militants de La France insoumise, ont plutôt soutenu un ralliement aux gilets jaunes. Tous se retrouvent sur l’idée d’inscrire le combat étudiant dans une mobilisation nationale, et ne pas reproduire les erreurs commises durant la mobilisation du printemps contre la loi ORE (orientation et réussite des étudiants). Objectif : non seulement faire reculer le gouvernement sur l’augmentation des frais d’inscription, mais également empêcher une hausse généralisée, revenir sur la loi ORE et abolir la plateforme Parcoursup.


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