Face aux faussaires, une histoire engagée
Contre les imposteurs réactionnaires qui squattent les plateaux de télévision, il faut une science historique dans laquelle le plus grand nombre puisse se retrouver, qui soit un outil de justice sociale et de démocratie.
dans l’hebdo N° 1545 Acheter ce numéro

Printemps 2018. Dans l’amphi de Tolbiac, à Paris, occupé par les étudiants et les étudiantes en lutte contre Parcoursup, l’assistance, debout, entonne « L’Hymne des femmes ». « Nous qui n’avons pas d’histoire », rappellent les paroles, invitant à écrire une histoire qui, enfin, rompe avec des siècles d’invisibilisation et de déni. Lorsque ce chant a été rédigé dans les années 1970, dans la foulée de Mai 68, les femmes n’étaient pas les seules absentes du roman national : on n’y racontait pas vraiment l’histoire des classes populaires, des colonisés, des immigrés, des homosexuels, de tous les sans-grade, sans-culottes ou sans-dents. Sur les T-shirts de certains étudiants mobilisés au printemps dernier, on pouvait lire