Le fond de l’air effraie

À bien les renifler, les incommodants effluves de notre époque ne sont peut-être pas tout à fait autres que ceux de 1938.

Il faut lire absolument le passionnant (et gravement flippant) dernier bouquin (1) de Michaël Fœssel, philosophe, qui s’est immergé, jusqu’à la nausée, dans les journaux français de 1938. Et qui est assez vite arrivé – il le dit dès la page 24 – au constat que cette année terrible n’avait pas été « seulement » celle « des reniements internationaux » que l’on sait, mais « aussi celle de l’emploi systématique des décrets-lois (l’équivalent de nos ordonnances) par le gouvernement, de la répression massive des grèves, d’une politique de plus en plus hostile aux étrangers et de l’élection de Charles Maurras à l’Académie française ».

Et certes : on peut postuler – ou à tout le moins espérer – avec lui que « la répétition à l’identique », dans la France de 2018, de ce qui a été préparé dans celle de 1938 est « impossible ». Mais on peut aussi se montrer moins uniment confiant dans la certitude que l’histoire ne repasse pas ses plats.

Car notre époque est bel et bien (2) celle de l’emploi régulier (dans lequel MM. Hollande et Valls, préparant le terrain pour leurs successeurs, se sont naguère illustrés par leur particulière opiniâtreté) des ordonnances par le gouvernement (qui en use même, dorénavant, comme nous venons de le découvrir, pour la préparation de la restauration de Notre-Dame de Paris).

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