Urgences : le mouvement se durcit

Parti de Saint-Antoine le 18 mai et désormais étendu à près de 95 services en France, le mouvement de grève aux urgences a reconduit une journée de mobilisation nationale le 11 juin.

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Dans la nuit du 8 au 9 juin, 15 paramédicaux sur 19 n’ont pas pu prendre leur poste à l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Motif : épuisement. Des personnels infirmiers et aide-soignants de jour sont restés pour assurer la prise en charge des patients, enchaînant jusqu’à 18 heures de travail d’affilée. Sous-effectifs chroniques, manque de matériel et de considération, violences en hausse de la part de patients excédés par l’attente : le nombre d’arrêts maladie mais aussi le taux d’erreurs médicales est plus élevé qu’ailleurs aux urgences.

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Parti de Saint-Antoine le 18 mai et désormais étendu à près de 95 services en France, le mouvement de grève aux urgences a reconduit une journée de mobilisation nationale le 11 juin. Les discussions du collectif Inter-urgences avec le cabinet de la ministre Agnès Buzyn le 6 juin n’ont débouché sur « aucune avancée significative » : « L’augmentation structurelle et en ressources humaines est renvoyée aux calendes grecques. Le gouvernement renvoyant la responsabilité aux établissements qui eux-mêmes nous déclarent qu’ils n’ont pas la main dessus... », explique un communiqué du collectif. Les pistes de revalorisation évoquées reste très en deçà des demandes.

Le mouvement des urgences se durcit donc au moment même où le plan « Ma santé 2022 » arrive devant le Sénat. Agnès Buzyn a notamment promis de lancer une mission de refondation des urgences, menée par le député LREM Thomas Mesnier. Elle devrait remettre des « propositions concrètes » à l’automne. Un horizon lointain pour des services au bord de la crise de nerfs et qui ont déjà posé un certain nombre de propositions concrètes sur la table.


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