« Cahiers de prison » de Céline : féerie taularde

Rassemblés en un volume remarquablement annoté, les Cahiers de prison de Céline révèlent une œuvre en gestation et sa révolution stylistique.

J e chinerai comme je pourrai du papier pour écrire » ; « L’enfer est là qui nous rôtit » ; « Je t’arrive, Caron, en piteux équipage et tous ces gens qui m’accompagnent ne sont pas plus frimants que moi »… Ce sont là trois phrases des Cahiers de prison rédigés entre février et octobre 1946 par Louis-Ferdinand Céline, incarcéré à Vestre Fængsel, la principale prison de Copenhague.

Des cahiers réunis pour la première fois en un seul volume, constituant un soubassement de l’œuvre, richement annotés par Jean Paul Louis, fondateur des éditions Du Lérot, coéditeur avec Henri Godard de la correspondance de l’auteur dans la Pléiade.

Il y a d’abord le contexte : en juin 1944, Céline entend gagner le Danemark, où il a placé en or ses droits d’auteur. Il est retenu quelques mois en Allemagne avant de parvenir à Copenhague. Poursuivi par un mandat d’arrêt international, il est arrêté puis incarcéré. L’écrivain s’applique d’emblée à orchestrer sa défense pour éviter l’extradition, avec la perspective de finir au poteau.

On lit un Céline dans le déni de ses pamphlets antisémites, qui minimise, s’arrange avec les faits, se glisse dans la fable « Le Loup et l’agneau » de La Fontaine, persuadé de payer le succès « inouï » de Voyage, son entrée « fracassante » dans les lettres qui a bouleversé « tout le style du roman français ».

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