Les échos de la semaine

L'œil de Politis sur l'actualité de la semaine, en bref.

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Santé : Alors que « l’hôpital se meurt »…

« Faute de moyens », l’hôpital public « se meurt et la ministre ne lui administre que des soins palliatifs ». Dans une tribune publiée le 15 décembre dans Le Journal du dimanche, quelque 660 médecins hospitaliers, chef·fe·s de service ou responsables d’unités de soins, membres du Collectif inter-hôpitaux, se sont engagé·e·s à démissionner « si la ministre n’ouvre pas de réelles négociations pour desserrer la contrainte imposée à l’hôpital ».

Alors que les personnels réclament inlassablement des ouvertures de lits supplémentaires, une augmentation des effectifs, de meilleurs salaires et plus de poids dans la gouvernance des établissements, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, assure de son côté que les mesures promises porteront bientôt leurs effets et affirme que son souhait est de « réenchanter l’hôpital ». Pourtant, ni elle ni le gouvernement ne semblent réellement prendre la mesure du mal qui ronge les personnels médicaux et paramédicaux. « Les mesures se résument pour 2020 à moins de 300 millions d’euros supplémentaires, alors que de l’avis général il manque 1,3 milliard d’euros pour répondre à la seule augmentation programmée des charges », écrivent les médecins, pour qui « le vrai ministère de la Santé est désormais à Bercy ».

Pendant ce temps, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) lorgne sur les hôpitaux publics. Selon Hospimedia, magazine spécialisé dans la santé, le président de la FHP, Lamine Gharbi, aurait invité l’exécutif à ne pas s’opposer à une éventuelle reprise par le secteur privé des établissements publics en difficulté, lors de la rencontre annuelle de la Fédération à Paris. Un appétit qui a de quoi encourager la grève des urgences, qui va entamer son dixième mois…

COP 25 : le grand écart

Pas de surprise lors de la COP 25 à Madrid. Le fossé se creuse entre les pays les plus pollueurs et les jeunes, les peuples autochtones, les États insulaires, les pays du Sud, les scientifiques qui alertent. Même si les engagements de l’accord de Paris étaient respectés, le réchauffement pourrait dépasser les 3 °C. « La science est claire, mais la science est ignorée. Peu importe ce qu’il adviendra, nous n’abandonnerons jamais », a asséné Greta Thunberg.

Ôtez ce préfabriqué qui… me gâche la vue !

François-Henri Pinault, fils du milliardaire François Pinault, s’est montré « généreux » l’an dernier en « offrant » la modique somme de 100 millions d’euros pour reconstruire la cathédrale Notre-Dame de Paris au lendemain de l’incendie destructeur. Mais le pauvre homme ne supporte pas la vue des préfabriqués abritant des salles de classe dans la cour de l’École nationale supérieure des beaux-arts, face à son hôtel particulier parisien. Le Conseil d’État lui a donné raison, estimant que « le maintien » du bâtiment incriminé « affecte les conditions de jouissance » de sa modeste demeure.

Anna Karina

Chanteuse avec Gainsbourg et avec Philippe Katerine, actrice avec Rivette, Visconti, Fassbinder, réalisatrice d’un film en 2008, Anna Karina, dont on a appris la mort, à 79 ans, le 15 décembre, est avant tout associée au nom de Jean-Luc Godard. Avec lui, dont elle a partagé la vie dans les années 1960, elle a tourné sept longs métrages. Ses yeux bleus, son visage pâle et son léger accent – elle était danoise – ont marqué une époque, celle de la Nouvelle Vague, où elle lançait « Qu’est-ce que je peux faire ? Je sais pas quoi faire », dans Pierrot le fou…

Royaume-Uni : Un Brexit sans l’Écosse ?

L’Union européenne va perdre le Royaume-Uni, mais peut-être gagner l’Écosse. Le menteur multirécidiviste Boris Johnson a gagné une confortable majorité aux élections du 12 décembre, et rien ne devrait plus empêcher le Brexit au 31 janvier 2020. Le travailliste Jeremy Corbyn essuie une cuisante défaite, payant ses ambiguïtés sur la sortie de l’UE. Mais le scrutin a montré le gouffre entre l’Angleterre et l’Irlande du Nord – où pour la première fois les loyalistes sont minoritaires –, et surtout l’Écosse, qui a élu 80 % d’indépendantistes. Londres a d’emblée exclu de donner son accord à un nouveau référendum, mais la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a immédiatement mis la pression : « Vous ne pouvez pas maintenir l’Écosse au sein de l’Union contre sa volonté. »

Algérie : Gaïd Salah, marionnettiste

Le changement, c’est pour quand ? L’Algérie est toujours dirigée par un septuagénaire issu du système Bouteflika, même si Abdelmadjid Tebboune a pris la place de l’intérimaire Abdelkader Bensalah après l’élection du 12 décembre. Les rues sont toujours envahies par les foules du Hirak exigeant en bloc le « départ du système » – et le vendredi 13 décembre n’a pas fait exception. Le général Ahmed Gaïd Salah (80 ans le 13 janvier prochain) reste l’homme fort du pays, qui a imposé aux forceps ce ripolinage électoral, boudé par 60 % de l’électorat. Ce qui n’a pas changé, c’est que l’armée tire toutes les ficelles, et qu’elles sont très grosses.


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