Surveillance : Petites phrases pour grand sujet

Les défenseurs de la reconnaissance faciale usent de rengaines caricaturales pour imposer leur point de vue et discréditer ceux qui s’y opposent.

Romain Haillard  • 15 janvier 2020 abonné·es
Surveillance : Petites phrases pour grand sujet
© VALERY HACHE / AFP

Aucun texte sur la reconnaissance faciale n’a encore été déposé devant le Parlement, mais le débat fait déjà rage. Chantres de la généralisation ou soutiens timorés – « expérimentons et après on discute » –, chacun y va de sa formule pour remporter la bataille des idées. Et à force d’entendre les mêmes petites phrases, il convient de scruter certains arguments à la loupe pour repérer les vieilles ficelles et les formules creuses.

Des « modérés », vraiment ?

Trouver des épouvantails, c’est vieux comme le monde, et même le « nouveau » en a fait sa marotte. Une vision simpliste de la politique, incapable d’appréhender le moindre enjeu sans le ramener au rapport de force dans l’Hémicycle. À gauche, les dangereux « bobos libertaires » de la Quadrature du Net. À droite, le tout-sécuritaire Christian Estrosi. Et au milieu, les modérés, la « voie éthique », portée par Cédric O, secrétaire d’État au numérique, et Didier Baichère, député de la majorité.

Ces trois camps ont pu se rencontrer lors d’un colloque organisé à l’Assemblée le 19 décembre. L’intitulé de la discussion reflétait la pluralité des points de vue représentés : « Reconnaissance faciale.

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Publié dans le dossier
Reconnaissance faciale : Dans le viseur
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel
Analyse 27 mars 2026 abonné·es

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel

L’histoire de la première vedette française de télé-réalité rappelle ce que la notoriété fait aux femmes : elle les tue, réellement ou symboliquement, comme pour expier la misogynie d’une société entière.
Par Nesrine Slaoui
« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »

Le décès de Loana Petrucciani ravive un malaise collectif longtemps tu. L’essayiste Rose Lamy décrypte comment le mépris de classe a façonné la trajectoire d’une femme déplacée dans un monde qui ne voulait pas vraiment d’elle.
Par Juliette Heinzlef
« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »
Entretien 26 mars 2026 abonné·es

« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »

Marie-Laure Basilien Gainche, professeure de droit public analyse en quoi le règlement « Retour » voté aujourd’hui par le Parlement européen bafoue des droits fondamentaux. Pour elle, ces derniers sont perçus « comme des contraintes » par l’Union européenne dans la mise en œuvre de ses politiques d’éloignement.
Par Pauline Migevant
« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »
La Midinale 20 mars 2026

« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »

Samedi 21 mars, à 14 h 30, une marche pour Nahel et contre les violences policières se lancera depuis les abords du lycée Joliot-Curie à Nanterre. Après la requalification du meurtre en violences (mais avec le pourvoi en cassation du parquet), Mornia Labssi, militante antiraciste et co-organisatrice de la marche, est l’invitée de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien