Adieux à la recherche

Maëlle Benisty  • 19 février 2020 abonné·es
Adieux à la recherche
© Manifestation des enseignants chercheurs le 29 janvier à Paris.Jerome Gilles / NurPhoto / AFP
« Je ne suis pas heureux dans ce que je fais »

**Pierre*** 26 ans, thésard en physique

J’arrive vers la fin de ma troisième année de thèse et je ressens un mélange d’énervement, de dépression et de mal-être. J’ai toujours eu besoin de stimulation intellectuelle et, au fil de mes études, la thèse en physique sonnait comme une évidence. Mais voilà, je ne suis pas heureux dans ce que je fais. J’effectue mes recherches dans une profonde solitude, sans réel soutien collectif. L’avenir bouché et sans perspectives d’embauche est constamment présent dans les conversations quotidiennes avec les titulaires du laboratoire. Même s’ils ne pensent pas à mal, ça finit par peser sur le moral. En sciences dures, on a la chance d’avoir des thèses financées, mais pour faire quoi après ? Le discours du rapprochement des laboratoires avec les entreprises, l’appel à déposer des brevets, les injonctions à la production, l’évaluation permanente… Le visage de la recherche se transforme et il ne me convient pas. Je vois tant de personnes enchaîner les post-doctorats à l’étranger ou des

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Éducation
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

À Mayotte, un « mérite » très arbitraire pour les bacheliers étrangers
Reportage 17 décembre 2025 abonné·es

À Mayotte, un « mérite » très arbitraire pour les bacheliers étrangers

Depuis 2022, un dispositif élitiste permet à des bacheliers étrangers de poursuivre des études en métropole. Mais pour quelques chanceux qui ont intégré un établissement prestigieux, des centaines d’autres tout aussi méritants se retrouvent empêchés de poursuivre des études sur le territoire mahorais.
Par Rémi Carayol
Éducation à la sexualité : l’État condamné pour 24 ans de manquements
Entretien 3 décembre 2025 abonné·es

Éducation à la sexualité : l’État condamné pour 24 ans de manquements

En France, l’éducation à la vie affective et sexuelle est inscrite dans la loi depuis 2001, organisée en trois séances par année scolaire. Dans la pratique, c’est loin d’être le cas. Face à ce manquement, le Planning familial, Sidaction et SOS Homophobie ont saisi la justice il y a deux ans et ont obtenu gain de cause le 2 décembre. Entretien avec Sarah Durocher, du Planning.
Par Caroline Baude
Caroline Chevé : « La situation en cette rentrée scolaire est très inquiétante »
Entretien 1 septembre 2025 abonné·es

Caroline Chevé : « La situation en cette rentrée scolaire est très inquiétante »

C’est l’un des nouveaux visages du monde syndical. La professeure de philosophie a pris la tête de la FSU, première fédération syndicale de l’enseignement, au début de l’année. C’est dans ce nouveau rôle qu’elle s’apprête à vivre une rentrée scolaire et sociale particulièrement agitée.
Par Pierre Jequier-Zalc
Des enseignants bien seuls face à la pauvreté
Reportage 25 août 2025 abonné·es

Des enseignants bien seuls face à la pauvreté

Dans les établissements d’éducation prioritaire, les professeurs composent avec des élèves souvent en situation de précarité. Malgré les actions individuelles et collectives, ils se sentent trop souvent abandonnés par l’institution.
Par Malika Butzbach