Caroline Chevé : « La situation en cette rentrée scolaire est très inquiétante »

C’est l’un des nouveaux visages du monde syndical. La professeure de philosophie a pris la tête de la FSU, première fédération syndicale de l’enseignement, au début de l’année. C’est dans ce nouveau rôle qu’elle s’apprête à vivre une rentrée scolaire et sociale particulièrement agitée.

Pierre Jequier-Zalc  • 1 septembre 2025 abonné·es
Caroline Chevé : « La situation en cette rentrée scolaire est très inquiétante »
Le 25 aout dans les locaux de la FSU à Bagnolet.
© Maxime Sirvins

Caroline Chevé est secrétaire générale de la FSU depuis février 2025. Cette professeure de philosophie a enseigné pendant plus de vingt ans dans un lycée d’éducation prioritaire des quartiers nord de Marseille. Toujours engagée au sein de la FSU, elle était, depuis 2019, secrétaire départementale des Bouches-du-Rhône. Elle continue à enseigner mais, depuis cette rentrée, dans un lycée parisien. C’est dans ce nouveau rôle au sein du syndicat qu’elle s’apprête à vivre une rentrée scolaire et sociale particulièrement agitée, alors que d’importantes mobilisations se préparent, le 10 et le 18 septembre, et que les moyens des services publics sont frontalement attaqués par les propositions budgétaires de François Bayrou.

Vous êtes la nouvelle numéro 1 de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) depuis février. Quelles sont les priorités de votre mandat, dans un contexte où la fonction publique est régulièrement attaquée, et ses budgets taillés ?

Caroline Chevé : J’ai remplacé Benoît Teste en tant que secrétaire générale, avec l’objectif d’être dans la continuité : défendre, plus que jamais, les services publics et les agents qui les font vivre. Régulièrement, on entend parler de défense des services publics avec l’idée que ses missions restent essentielles. En revanche, on entend beaucoup plus rarement dire que si on ne répond pas à la crise d’attractivité que connaissent tous les métiers des services publics, c’est la possibilité même de l’existence de ces derniers qui va s’effondrer.

Pour moi, la priorité est là : convaincre qu’il n’y a pas de services publics sans métiers attractifs.

C’est pour moi une préoccupation majeure. Comment faire pour que les étudiants et les étudiantes d’aujourd’hui aspirent à se diriger vers les métiers des services publics ? Comment s’assurer que celles et ceux qui les font vivre ne les quittent pas ? La réponse n’est évidemment pas simple. Le premier levier, toutefois, on le connaît : c’est la question de la rémunération et des conditions de travail. C’est-à-dire d’avoir les moyens de faire son travail et de le faire correctement, au bénéfice des usagers et des usagères. Ne pas réussir à le faire faute de moyens est un facteur de souffrance terrible. Donc, pour moi, la priorité est là : convaincre qu’il n’y a pas de services publics sans métiers attractifs.

Que faudrait-il mettre en œuvre ?

Évidemment, la question du financement des services publics est au cœur du sujet. C’est d’ailleurs tout l’enjeu des mobilisations en construction autour des questions budgétaires et donc du financement de l’action publique. Pour nous, les politiques de l’offre telles qu’elles ont été conduites depuis 2015 sont non seulement une aberration, puisqu’elles font la preuve de leur inefficacité, mais en plus elles conduisent aujourd’hui à des services publics qui sont empêchés. La réponse à cet empêchement est de retrouver des leviers de financement pour l’État, mais aussi pour les collectivités territoriales. Rompre avec les politiques qui sont menées est donc le corollaire de ce qu’on défend pour les services publics et les agents qui les font vivre.

La rentrée scolaire a eu lieu ce lundi 1er septembre. Quels en sont les enjeux ?

Chaque rentrée scolaire est un moment important pour l’ensemble des personnels des établissements. Pour les enseignants et le personnel éducatif, bien sûr, mais aussi pour celles et ceux qui assurent l’entretien des établissements, le repas des élèves, etc. On va rencontrer des nouveaux élèves, essayer de les accueillir au mieux et les mettre au travail parce que c’est évidemment ce dont ils ont besoin. On participe à une œuvre pour la jeunesse qui est fondamentale.

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