La K-pop aux côtés de Black Lives Matter

Notre Voyage autour de nos chambres #67 revient sur le phénomène culturel de la K-pop (Korean pop) né en Corée du Sud. Après le meutre de George Floyd, leurs fans ont massivement soutenu le mouvement Black Lives Matter.

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Vous les avez sûrement croisés au détour d’un baguenaudage sur YouTube. Ces formations musicales de pop coréenne (du Sud) de gars ou de filles « asiatiques » sont reconnaissables grâce à leur univers électroniques et colorés et des groupes essentiellement jeunes et unisexes, des « girls groups » et des « boys bands ». Leurs clips sont les supports premiers de leur notoriété et inondent les plateformes vidéos de mélodies entraînantes sur des musiques à base électronique (on n’y voit jamais d’instruments, ou presque). Leur palette graphique, aux couleurs souvent saturées, est une signature de chaque groupe.

Au cours des années, la K-pop est devenue une machine commerciale très puissante. Et même un vecteur économico-culturel de l’image de la Corée du Sud à l’étranger, au Japon, puis en Asie. La France est très à l’écoute de cette sous-culture jeune où la musique supporte aussi des codes vestimentaires et un attirail d’identificateurs auxquels se raccrochent de très larges communautés de fans.

Le groupe BTS chante « 21st Century Girls », un hommage féministe.

On aurait cependant tort de réduire la K-pop, dont on ne comprend généralement pas les paroles (bien que l’anglais soit souvent de mise) à un phénomène consumériste flashy et sucré, très mondialisable. Plusieurs groupes manifestent des engagements sociaux et sociétaux marqués. BTS, une sommité de la K-pop, affiche des prises de position féministes, anti-système éducatif et même anti-consommation.

Quelques heures après le meurtre de George Floyd aux États-Unis, à la suite de prises de position de stars de K-pop, leurs hordes de fans ont pris d’assaut les réseaux sociaux avec le mot clic #BlackLivesMatter sur Twitter.

Ils ont aussi saboté le mot clic #WhiteLivesMatter créé par des suprémacistes blancs en postant des vidéos de K-Pop et ont fait planter une application policière visant à à signaler les « activités illégales des manifestants ».

Cette empathie s’explique en partie par la forte influence de la culture noire sur la K-pop, mais aussi par la composition de leurs fandoms (groupes de fans), très peu « blancs » et largement « queer », explique la chercheuse canadienne Michelle Cho :

La sensibilisation aux questions raciales et culturelles fait partie des caractéristiques principales des conventions de fans de K-pop.

« My swagger » de GOT7 dont l’artiste principal Mark Tuan a pris position contre le racisme

Une compilation de la carrière de Dal Shabet, dont la chanteuse Dalsoobin a appelé à la justice pour George Floyd.

Fantasia de Monsta X, groupe qui s’est également engagé dans le soutien à #BlackLivesMatter

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