Gauche : La Charité ne se fout pas de l’écologie

Le Festival des idées a rassemblé plusieurs centaines de personnes issues des rangs de la gauche, de l’écologie ou de simples citoyen·nes les 4, 5 et 6 septembre à la Charité-sur-Loire.

Agathe Mercante  • 9 septembre 2020
Partager :
Gauche : La Charité ne se fout pas de l’écologie
© @Jeunes_Ecolos/Twitter

Vous avez dit “entre soi” ? », s’esclaffe une élue. Comme elle, plusieurs centaines de personnes issues des rangs de la gauche, de l’écologie ou de simples citoyen·nes se sont rendu.es, les 4, 5 et 6 septembre à la Charité-sur-Loire (Nièvre) pour participer à la deuxième édition du Festival des idées. « Dans une période de crise sanitaire, de rentrée difficile, il est réjouissant de voir que ces crises n’altèrent pas l’appétit démocratique », se félicite Christian Paul, ex-député PS du cru et co-organisateur de l’événement. Autour des tables rondes, les représentant·es de différents partis politiques se sont retrouvé·es pour échanger. La députée (LFI) Mathilde Panot a ainsi débattu avec Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, sur le thème « Concilier social et écologie ? Évidemment ! », lors d’une conférence animée par Politis. L’eurodéputée (LFI) Manon Aubry, l’ancien député Laurent Grandguillaume et la sénatrice de Génération·s Sophie Taillé-Polian ont échangé sur le thème de la lutte contre le chômage de masse, tandis que le député (LFI) Éric Coquerel répondait aux côtés de l’ancien défenseur des droits Jacques Toubon à la question : « Nos libertés sont-elles en danger ? » Voilà pour le politique.

Car nombre de représentant·es d’ONG, de syndicats, d’associations, de philosophes, d’économistes, de militant·es étaient aussi présent·es pour taper sur le même clou : la politique libérale de Macron et du gouvernement. Des rencontres qui perpétuent et renforcent les rapprochements dans la perspective de dessiner, qui sait, un front et un programme commun pour les prochaines échéances électorales. C’est du moins ce à quoi s’attellent les membres du collectif Résilience commune, qui ont profité de l’occasion pour organiser leur rentrée politique.

Ce collectif, lancé durant le confinement, est composé de jeunes issus de toutes les organisations politiques que comptent les gauches et l’écologie. « L’urgence fait qu’on est capables de se rassembler », estime Romain Olla, militant pour le climat. « On va mettre une pression de dingue aux appareils pour qu’ils s’entendent ! », prévient Grégoire Verrière, coordinateur national des Jeunes Génération·s. L’initiative a suscité l’attention des aîné·es. La table où étaient assis les représentants du collectif n’a pas désempli du week-end. Pour la venue d’Emmanuel Maurel, député européen (LFI) et fondateur de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), il a même fallu en ajouter une. Reste à savoir si leur demande sera entendue. Le samedi soir, à la buvette du festival, rares étaient celles et ceux qui levaient leur verre à une union des gauches et de l’écologie…

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

2027 : Raphaël Glucksmann cherche sa gauche sur les terres d’extrême droite
Présidentielle 11 juin 2026 abonné·es

2027 : Raphaël Glucksmann cherche sa gauche sur les terres d’extrême droite

L’eurodéputé veut s’imposer au sein de l’espace social-démocrate en parlant à la gauche, mais pas seulement. Plus risqué, il souhaite l’emporter face à l’extrême droite en reprenant ses totems, comme la défense de la nation.
Par Lucas Sarafian
Entre la primaire et Glucksmann, les socialistes encore et toujours tiraillés
Récit 11 juin 2026 abonné·es

Entre la primaire et Glucksmann, les socialistes encore et toujours tiraillés

Olivier Faure, contesté dans son propre parti, rêve de rassembler la gauche non-mélenchoniste et d’embarquer Raphaël Glucksmann. Tandis que l’eurodéputé ne se voit pas partir sans le PS mais se rapproche surtout des opposants internes au premier des roses. Dialogue de sourds.
Par Lucas Sarafian
« Raphaël Glucksmann reconduit une ligne sociale-libérale par la timidité sociale de son programme »
Entretien 11 juin 2026

« Raphaël Glucksmann reconduit une ligne sociale-libérale par la timidité sociale de son programme »

Le sociologue et politiste Philippe Corcuff estime qu’une candidature sociale-libérale pourrait bénéficier d’un espace électoral temporaire en France. Mais considère que la social-démocratie est en crise.
Par Lucas Sarafian
Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir
Tribune 11 juin 2026

Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir

L’affaire Lyhanna met en lumière les limites d’une conception viriliste du pouvoir incarnée par le ministre de la Justice. Quand les violences sexuelles s’imposent au débat public, la posture de l’« homme fort » apparaît moins comme une solution que comme une partie du problème.
Par Lynda-May Azibi