Covid-19 : Contre la crise sociale, l’Argentine taxe ses ultrariches

3,1 milliards d’euros seront ponctionnés sur les 12 000 contribuables les plus riches.

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Même la catastrophe sociale qui s’abat sur la France n’a pas convaincu Emmanuel Macron de rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune, supprimé dès le début du quinquennat. Un pays pourtant a choisi de taxer ses grandes fortunes pour affronter la crise du Covid-19, l’Argentine, qui n’est pourtant pas gouverné par des gauchistes ou des bolcheviks, mais par les très centristes péronistes.

3,1 milliards d’euros seront donc ponctionnés sur les 12 000 contribuables les plus riches (0,02 % de la population), ceux dont la fortune dépasse les 2 millions d’euros, qui sont souvent des gros producteurs agricoles. « Projet confiscatoire qui instaure une double imposition », ont évidemment hurlé la droite et le patronat, quand bien même ce prélèvement exceptionnel ne représentera que 1 % des recettes fiscales de l’État.

Dans ce pays très inégalitaire, les plus fortuné·es n’ont guère d’égards pour les 44 % de leurs compatriotes qui vivent sous le seuil de pauvreté, car la pandémie – 39 000 morts, 1,5 million de personnes contaminées – a frappé de plein fouet l’économie, qui était en crise depuis 2018 et la fin catastrophique du mandat du président de droite Mauricio Macri. L’équipe au pouvoir entend utiliser ces recettes pour financer des aides sociales, des équipements médicaux pour lutter contre le Covid-19, des bourses pour les étudiant·es et des subventions aux PME. Et consacrer un quart au développement du gaz naturel, pour relancer la croissance, qui devrait plonger de presque 11 % cette année. Si l’Argentine est le premier pays à mettre en place cette contribution des plus riches à l’effort collectif, d’autres pays y réfléchissent. Mais aucun projet de ce type dans les tiroirs de l’équipe Macron.


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