ISF : Macron président des ultra-riches

Au cours des débats autour du projet de Loi de finances pour 2021, les groupes de gauche ont une nouvelle fois réclamé un retour de l’ISF. En vain.

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Avant de prendre leurs congés comme les scolaires, les députés devaient adopter le projet de Loi de finances pour 2021. Au cours des longs débats qui ont précédé cet ultime examen, les groupes de gauche ont une nouvelle fois réclamé un retour de l’ISF. En vain. Même pour pallier les conséquences économiques et sociales de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement refuse toujours de faire contribuer davantage les plus fortunés à la solidarité nationale. Ils ont pourtant profité des réformes fiscales de 2017 – transformation de l’ISF en IFI et instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % sur les revenus du capital – dans des proportions considérables, que le deuxième rapport du comité d’évaluation de ces réformes a parfaitement documentées. Réalisé sous l’égide de France Stratégie, organe de prospective rattaché au Premier ministre, ce rapport constate que la suppression de l’impôt sur la fortune mobilière n’a pas été suivie d’une diminution des distributions de dividendes. Cet argument était avancé par les partisans de la suppression de l’ISF, qui devait, selon eux, augmenter les marges de manœuvre des entreprises pour investir ou rémunérer leurs salariés.

Au contraire, en 2018, les dividendes ont augmenté de 60 % pour atteindre en volume 23,2 milliards d’euros, révèle ce rapport. Il note en outre que la concentration de ces revenus tirés du capital est de plus en plus marquée : si, en 2017, 0,1 % des foyers fiscaux (38 000 personnes) percevait la moitié du total, la part du même groupe est passée aux deux tiers en 2018. « Les 0,1 % de Français les plus aisés sont un quart de fois plus riches que les 0,1 % de 2017 », constate l’étude. En seulement une année ! Et l’augmentation est encore plus importante pour les 0,01 % les plus fortunés (3 800 personnes). Emmanuel Macron n’est donc pas « le président des riches », comme nous l’avons qualifié en une d’un numéro de 2017, mais plus exactement le président des très, très riches. Il faut savoir reconnaître ses erreurs.


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